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Irak: le patriache chaldéen déçu de la portée de l'intervention américaine

10/08/2014 04:07 EDT | Actualisé 10/10/2014 05:12 EDT

Le patriarche de l'Eglise chaldéenne en Irak s'est dit déçu dimanche de la portée de l'intervention américaine qui ne vise selon lui qu'à protéger la capitale du Kurdistan irakien et offre peu d'espoir d'une défaite des jihadistes et d'un retour des déplacés.

"La position du président américain Obama de n'apporter une assistance militaire que pour protéger Erbil est décevante", a déclaré Mgr Louis Sako dans une lettre ouverte.

Barack Obama a annoncé jeudi avoir autorisé des frappes aériennes contre les jihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI) afin de protéger le personnel américain à Erbil et éviter un génocide contre la minorité yazidie dans la région de Sinjar (nord-ouest).

Après trois jours de frappes américaines, les forces kurdes ont reconquis dimanche deux villes prises quelques jours plus tôt par les insurgés et situées au sud-ouest d'Erbil. Parallèlement, entre 15.000 et 30.000 Yazidis ayant pris la fuite dans les montagnes face à l'avancée jihadiste ont finalement pu trouver refuge au Kurdistan irakien, en passant par la Syrie, selon des responsables.

M. Obama a précisé que les frappes seraient limitées et Mgr Sako a estimé que cela ne serait peut-être pas suffisant pour repousser les jihadistes hors de la ville de Mossoul.

Le patriarche a jugé "très déprimante" la perspective de devoir attendre que les forces gouvernementales irakiennes commencent à combattre aux côtés des forces kurdes.

"Alors que le pays est à feu et à sang, les politiciens à Bagdad se battent pour le pouvoir", a déploré Mgr Sako alors que le Parlement irakien a reporté dimanche au 19 août une session faute de consensus entre les députés sur le choix du Premier ministre.

M. Obama, comme d'autres dirigeants étrangers, a appelé à la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale pour faire face à l'offensive jihadiste.

Selon plusieurs ONG, le nombre de déplacés ces derniers jours en raison des combats a atteint plus de 200.000 personnes, dont de nombreux chrétiens ayant notamment fui la ville de Qaraqosh.

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