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Irak: à Bagdad, Fabius appelle à l'unité pour "mener la bataille contre le terrorisme"

10/08/2014 04:35 EDT | Actualisé 09/10/2014 05:12 EDT

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a appelé dimanche les Irakiens à former un gouvernement d'union pour "mener la bataille contre le terrorisme", lors d'une visite à Bagdad.

"Il faut que tous les Irakiens se sentent représentés et puissent ensemble mener la bataille contre le terrorisme", a-t-il déclaré après une brève rencontre avec le ministre irakien des Affaires étrangères par intérim, Hussein Chahristani, alors que l'Irak, qui fait face depuis deux mois à une offensive jihadiste, n'a toujours pas de gouvernement.

M. Fabius devait après Bagdad se rendre à Erbil, capital de la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l'Irak pour notamment superviser la première livraison d'aide humanitaire française aux populations menacées par l'avancée des jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans la région.

"J'aurai l'occasion de superviser la livraison de plusieurs tonnes de médicaments, de secours d'urgence pour des populations de la région kurde et du nord et de rencontrer aussi des autorités locales et des minorités cruellement pourchassées par l'État islamique", a déclaré le ministre français.

"Comme vous le savez, la France a demandé et obtenu une réunion spéciale du Conseil de sécurité des Nations unies sur ce sujet, j'ai moi-même saisi mes collègues de l'Union européenne pour que tous à la fois condamnent l'Etat islamique et en même temps montrent concrètement leur solidarité vis-a-vis des populations irakiennes", a-t-il ajouté.

Il a d'autre part appelé à un gouvernement d'union, à même selon lui de faire face au danger jihadiste.

"(..) Il était normal diplomatiquement que dans ce voyage vers Erbil je fasse un arrêt même très rapide ici à Bagdad pour rencontrer les autorités", a-t-il expliqué. "Je ne veux pas interférer avec le calendrier interne de l'Irak mais je voudrais juste dire cela, qui est de bon sens: dans cette période, l'Irak a particulièrement besoin d'un gouvernement d'unité, de large unité, car il faut que tous les Irakiens se sentent représentés et puissent ensemble mener la bataille contre le terrorisme."

"Le mot d'ordre est donc la solidarité."

Plus de trois mois après les élections législatives du 30 avril, l'Irak n'est toujours pas doté d'un nouveau gouvernement, freiné par les divisions profondes au sein du Parlement.

La coalition chiite du Premier ministre sortant Nouri al-Maliki est arrivée en tête du scrutin, mais sans majorité claire, et les appels se sont multipliés depuis pour tenter de pousser le Premier ministre, vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser les sunnites, à céder la place.

jmm/feb/cbo

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