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Près de 200 gais et lesbiennes défilent sans incident en Ouganda

09/08/2014 11:12 EDT | Actualisé 09/10/2014 05:12 EDT

ENTEBBE, Ouganda - Quelques dizaines de gais et lesbiennes ougandais ont défilé dans les jardins botaniques d'Entebbe, samedi, dans le cadre de la première marche de la fierté gaie depuis que la Cour constitutionnelle ougandaise a invalidé la controversée loi sur l'homosexualité.

Plusieurs participants portaient des masques, signe qu'ils ne voulaient pas être identifiés publiquement dans un pays où les homosexuels et leurs défenseurs font face à une discrimination généralisée.

Les organisateurs attendaient plus de 500 personnes à l'événement, mais moins de 200 se sont finalement présentées, a indiqué un militant gai, Moses Kimbugwe, qui a souligné que plusieurs avaient probablement été effrayées par la perspective d'actes violents.

«Nous sommes ici pour marcher pour ceux qui ne peuvent marcher, qui ont peur de marcher», a déclaré M. Kimbugwe. «Nous sommes ici pour célébrer nos droits.»

La semaine dernière, la Cour constitutionnelle a statué que la loi contre les homosexuels, adoptée il y a cinq mois et soutenue par une large frange de la population ougandaise, était illégale parce qu'elle a été adoptée lors d'une séance durant laquelle le quorum n'était pas atteint. Certains députés ont promis de réintroduire le même projet de loi quand le Parlement recommencera à siéger, plus tard ce mois-ci. Le texte prévoit une peine pouvant aller jusqu'à la prison à vie pour les personnes reconnues coupables d'actes homosexuels.

Samedi, les participants à la marche brandissaient des affiches affirmant qu'ils ne renonceraient pas à la lutte pour les droits des gais et lesbiennes en Ouganda, un pays socialement conservateur de 36 millions d'habitants. Certains agitaient des drapeaux arc-en-ciel en dansant et en faisant la fête sur une plage du lac Victoria, à environ 40 kilomètres de la capitale, Kampala.

Il s'agissait du troisième défilé de la fierté gaie en Ouganda, selon les organisateurs. Le premier, en 2012, a tourné à la violence quand la police a tenté de disperser les participants.

Cette fois-ci, les organisateurs avaient reçu l'assurance de la police qu'ils pourraient défiler sans problème, a indiqué une militante lesbienne, Jacqueline Kasha.

«Nous sommes un groupe de personnes qui a suffisamment souffert», a-t-elle déclaré. «Nous sommes Ougandais, nous avons le droit de nous réunir dans les lieux publics (...) et nous allons nous amuser.»

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