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La Birmanie a encore du chemin vers la démocratie (responsables américains)

09/08/2014 07:17 EDT | Actualisé 09/10/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a réclamé samedi au président birman Thein Sein une accélération des réformes démocratiques engagées en 2011, s'alarmant notamment de violences religieuses et de violations des libertés de la presse, ont indiqué des responsables américains.

Le chef de la diplomatie américaine est à Naypyidaw pour une réunion de l'Association des Nations d'Asie du sud-est (Asean) élargie aux partenaires du groupe régional.

Lors d'un entretien avec le président Thein Sein, "le secrétaire d'Etat a reconnu les progrès remarquables réalisés ces dernières années" en Birmanie, a indiqué un diplomate américain.

"Mais la route est encore longue", a-t-il souligné.

"Pendant trois ans, (la Birmanie) s'est acquittée de la partie plus facile: libération des prisonniers politiques, ramener l'opposition dans le système politique, créer un climat de plus grande liberté (...) Mais elle est confrontée maintenant aux défis les plus profonds", a mis en garde un autre responsable du département d'Etat.

En ouvrant la réunion bilatérale entre l'Asean et les Etats-Unis, John Kerry n'a pas été aussi critique, insistant simplement sur les "défis à relever" pour la Birmanie et assurant "le peuple birman du soutien et de l'amitié des Etats-Unis".

Saluant la vague de réformes et de démocratisation de la Birmanie depuis la dissolution de la junte en mars 2011, l'administration du président Barack Obama a progressivement levé la quasi totalité des sanctions contre cette ancienne dictature militaire, ex-Etat paria de l'Occident.

Mais trois ans après, M. Kerry a fait part "très franchement et directement" au président birman des inquiétudes des Etats-Unis, selon un cadre du département d'Etat.

"Les questions de la liberté de la presse -- dont les cas de journalistes récemment interpellés --, de la réforme constitutionnelle, la question très sensible dans l'Etat Rakhine et la nécessité d'un rétablissement de l'aide humanitaire avec le retour de MSF (Médecins sans frontières)", a-t-il souligné.

La Birmanie avait invité fin juillet MSF à reprendre ses activités en Etat Rakhine, cinq mois après son expulsion de cette région de l'ouest du pays qui traverse une grave crise sanitaire et est secouée depuis deux ans par des violences entre des bouddhistes de la minorité rakhine et des musulmans de la minorité apatride des Rohingyas.

Ces affrontements ont fait plus de 200 morts et 140.000 déplacés, principalement des musulmans qui vivent toujours dans des camps, dans des conditions déplorables.

Selon des chiffres officiels birmans, environ un million de musulmans vivent en Etat Rakhine. La grande majorité sont des Rohingyas, privés de nationalité par l'ancienne junte et considérés par les autorités, qui les appellent "Bengalis", comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin.

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