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Invaincue au Stade olympique, la France est un exemple à suivre pour le Canada

09/08/2014 07:03 EDT | Actualisé 09/10/2014 05:12 EDT
abdallahh/Flickr

MONTRÉAL - Les Bleuettes en ont encore fait la démonstration, samedi au Stade olympique, dans leur victoire de 4-0 contre la Nouvelle-Zélande à la Coupe du monde U-20: la France est un exemple à suivre en soccer féminin.

Un exemple dont le Canada devrait largement s'inspirer, estime Éric Leroy, directeur technique de la Fédération de soccer du Québec.

«Les enfants sont tous pareils, qu'ils naissent en Europe ou ici. Après, la différence, c'est comment on les éduque, c'est l'infrastructure et le niveau de compétition qu'on leur offre. On est le seul pays au monde où il n'y a pas de ligue nationale de soccer — ni masculine, ni féminine. Pourtant, ça ne prendrait pas grand-chose pour investir dans quelque chose qui permettrait à nos U-20 de progresser.»

Si Claire Lavogez a brillé dans un deuxième match d'affilée pour la France à ce Mondial, samedi, c'est parce qu'elle a profité de ce genre d'encadrement au fil des ans. L'équipe senior française occupe déjà le quatrième rang mondial en vertu de ses quatrièmes places obtenues à la Coupe du monde de 2011 et aux Jeux olympiques de 2012, mais la génération U-20 actuelle semble en voie de faire mieux encore. Celle-ci a remporté le Mondial U-17 en 2012 et l'Euro U-19 l'an dernier.

Leroy connaît très bien le contexte puisque l'équipe française U-17 a visité le Québec l'an dernier et que la Fédération française de football collabore étroitement avec la FSQ depuis six ans.

«En France, il y a sept ou huit centres nationaux, a-t-il noté lors d'un entretien avec La Presse Canadienne. Les joueuses des différentes ligues féminines sont rassemblées régulièrement. Celles des équipes de France se retrouvent dès l'âge de 17 ans à Clairefontaine, avec la possibilité de débouchés en Ligue 1 professionnelle, notamment à Lyon.

«Et à l'Olympique, on parle de vrais salaires, de sommes de 30 000 euros par mois pour les meilleures, a indiqué Leroy. On s'appuie sur les structures des clubs professionnels français (masculins), avec la même expertise et les mêmes moyens.

«Donc, la courbe de progression des joueuses est énorme, a souligné le Belge d'origine. Et on voit ici (à Montréal) qu'il y a des joueuses de grand calibre, aussi bien au niveau physique qu'au niveau de la maîtrise technico-tactique.»

On l'a encore constaté, samedi, quand la France s'est emparée seule du premier rang dans le groupe D. Et ce, en vertu d'une fiche de 2-0 et d'une récolte de six points, ce qui devrait lui ouvrir toute grande la porte des quarts de finale, à moins d'un revirement important.

Lavogez a inscrit son troisième but en deux matchs en faisant 2-0 au moyen d'un boulet à la 53e minute de jeu. Elle avait auparavant servi un ballon sur coup franc à Kadidiatou Diani, que celle-ci a pu facilement rediriger à la 22e pour inscrire le premier filet de la rencontre. Diani a par ailleurs effectué la passe décisive sur le but de Lavogez.

Clarisse Le Bihan, qui s'est amenée sur le terrain à la 64e, a mis le match hors de portée en marquant à la 80e, puis à la 82e.

Les Françaises ont dominé de bout en bout. C'est de peine et de misère que la ligne défensive néo-zélandaise a évité un plus grand désastre encore.

La Nouvelle-Zélande a trois points au classement du groupe D avec une fiche de 1-1, tout comme le Paraguay, qui a vaincu le Costa Rica 2-1, plus tard samedi, grâce au but sur penalty de Jennifer Mora à la 88e.

Silvana Romero (4e) avait auparavant marqué pour le Paraguay et Michelle Montero (29e) pour le Costa Rica, à l'occasion du deuxième duel du programme double disputé devant 6844 spectateurs au Stade olympique.

La dernière journée dans le groupe D se déroulera mercredi. La France affrontera le Paraguay à Edmonton, tandis que la Nouvelle-Zélande se mesurera au Costa Rica à Toronto. Les deux premières équipes au classement de la poule passeront en phase éliminatoire.

Le prochain rendez-vous au Stade olympique aura lieu mardi, alors que le Canada affrontera la Corée du Nord à son dernier match dans le groupe A. Une place en quarts de finale sera alors à l'enjeu pour la formation de l'entraîneur montréalais Andrew Olivieri.

Cette rencontre sera précédée d'un affrontement entre le Brésil et l'Allemagne, dont le résultat sera déterminant dans le groupe B.

Plus tôt à Moncton, le Nigéria a défait la Corée du Sud 2-1 pour se hisser en tête du groupe C. L'Angleterre a pour sa part fait match nul 1-1 contre le Mexique, et elle demeure à égalité en deuxième position du même groupe.

Il faut mieux que la W-League

Selon Leroy, il suffirait de peu pour offrir un meilleur encadrement aux footballeuses canadiennes afin qu'elles acquièrent autant d'étoffe que les Françaises. Selon lui, la W-League, un circuit estival mis sur pied pour compléter le calendrier des joueuses qui évoluent dans la NCAA, ne suffit pas.

«La W-League, c'est un calendrier très court et le niveau est à peine plus élevé que la ligue AAA, a avancé Leroy, en parlant du circuit où évoluent les Comètes de Laval et le Dynamo de Québec. Il ne faudrait pas des millions pour créer un réseau de compétition entre le Québec et l'Ontario. Ces deux provinces regroupent 20 millions d'habitants, donc on aurait suffisamment de ressources pour avoir 10 à 15 clubs semi-professionels féminins.»

En attendant, les entraîneurs des sélections canadiennes féminines doivent eux-mêmes assurer le développement des joueuses d'élite, au lieu de confier une partie de ces responsabilités à des clubs de haut niveau.

«Des sélections fermées, je peux comprendre que ce soit nécessaire quand on est dans une situation d'urgence, qu'on a un objectif précis et proche. Sauf qu'à un moment donné, il faudrait qu'il y ait une vraie volonté au Canada de s'offrir tout ce dont on a besoin. Ce n'est manifestement pas encore le cas aujourd'hui, et c'est regrettable», a déploré Leroy.

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