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Ebola: la Guinée revient sur sa déclaration de fermeture des frontières (gouvernement)

09/08/2014 06:09 EDT | Actualisé 09/10/2014 05:12 EDT

La Guinée, qui avait annoncé samedi après-midi la fermeture de ses frontières terrestres avec le Liberia et la Sierra Leone en lien avec la lutte contre Ebola, est revenue sur sa déclaration, en précisant vouloir éviter une multiplication de déplacements transfrontaliers clandestins.

"Il ne s'agit pas d'une fermeture des frontières entre la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, mais plutôt de mesures contraignantes visant à mieux contrôler les mouvements transfrontaliers, notamment ceux des personnes" susceptibles d'être porteuses du virus Ebola, a déclaré le porte-parole du gouvernement, le ministre Albert Damantang Camara dans un entretien téléphonique avec l'AFP tard samedi soir.

Quelques heures auparavant, le ministre Camara avait affirmé à l'AFP: "La Guinée a décidé de la fermeture provisoire de ses frontières terrestres avec ses voisins du Liberia et de la Sierra Leone".

"Ceci est momentané, le temps que nous harmonisions notre manière de lutter contre cette possibilité de propagation du virus", avait-il précisé.

Samedi soir, le même ministre a soutenu: "Contrairement à ce qui a été annoncé dans la journée (de samedi), la Guinée n'a pas fermé ses frontières avec le Liberia et la Sierra Leone".

Le ministre guinéen de la Coopération internationale, Koutoubou Moustapha Sanoh, a également assuré à l'AFP tard samedi soir que les frontières n'avaient pas été fermées par les autorités pour éviter de pousser les voyageurs vers la clandestinité.

"Si on dit que les frontières sont fermées, les mouvements de personnes vont se faire clandestinement à travers les villages ou par les maquis parce que de toutes les façons les frontières sont très poreuses", a affirmé M. Sanoh.

"Les voyageurs risquent dans ces conditions d'éviter les points de passage officiels et connus pour se rabattre dans les forêts primaires, ce qu'il faut surtout éviter", a-t-il ajouté.

Plus tôt samedi, le ministre Albert Damantang Camara avait par ailleurs indiqué que le gouvernement allait se réunir la semaine prochaine sur l'éventualité d'une instauration de l'état d'urgence sanitaire, mesure d'exception déjà en vigueur en Sierra Leone, au Liberia et au Nigeria, le quatrième pays affecté par l'épidémie d'Ebola qui s'est déclarée en début d'année en Guinée.

"Dès le début de l'épidémie, la Guinée a été la première à demander la mise en quarantaine d'un certain nombre de localités, mais cela lui a été fortement déconseillé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) elle-même. Il n'était pas question (alors) de fermer les écoles, les marchés, donc nous avons tenu compte des spécialistes", avait-il dit.

L'épidémie actuelle d'Ebola est la plus grave de toute l'histoire du virus depuis sa découverte en 1976 en Afrique centrale.

Elle a fait plus de 960 morts sur près de 1.800 cas confirmés, probables et suspects dans quatre pays, essentiellement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Le Nigeria a dénombré 13 cas, dont deux mortels, selon le dernier bilan de l'OMS.

Le bilan pour la Guinée est de 495 cas dont 367 mortels, d'après l'OMS et le gouvernement guinéen, selon lequel 94 personnes admises dans des centres anti-Ebola à travers le pays en sont sorties guéries.

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