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Soudan du Sud: des milliers d'enfants tués ou enlevés pour combattre (Union africaine)

08/08/2014 08:54 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

Des milliers d'enfants ont été délibérément pris pour cible et tués ou enlevés pour devenir des combattants dans le conflit qui ensanglante depuis près de huit mois le Soudan du Sud, ont expliqué vendredi des experts de l'Union africaine.

"Le conflit actuel ne peut être défini que comme une guerre contre les enfants du Soudan du Sud", a déclaré Julia Sloth-Nielsen, qui dirige le comité de l'UA qui a enquêté sur les droits de l'enfant dans ce jeune pays.

Les attaques contre les enfants sont "dangereusement près de représenter un crime contre l'humanité", a-t-elle ajouté.

"Nous avons reçu de nombreuses informations concernant des enfants, parfois même des bébés, assassinés sans raison", a souligné Julia Sloth-Nielsen devant des journalistes, à l'issue d'une semaine d'enquête menée par les onze membres du Comité africain d'experts sur les droits et le bien-être de l'enfant (CAEDBE).

"Ces morts ne sont pas accidentelles. Nous avons été informés de sources sûres que les enfants sont délibérément ciblés", a assuré Mme Sloth-Nielsen.

Plus de 900 enfants ont été enlevés dans l'état de Jonglei (est), en proie aux combats et des cas de viols de garçons et de filles ont été confirmés, selon un communiqué du comité.

Dans la ville de Bor (est), les corps de 490 enfants ont été découverts dans des fosses communes après des affrontements.

Le conflit au Soudan du Sud, qui oppose l'armée loyale au président Salva Kiir de la communauté dinka, à une rébellion des Nuer menée par son ancien vice-président Riek Machar, a chassé de chez eux 1,5 million de Sud-Soudanais, fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts, et exacerbé les antagonismes entre ethnies.

Des négociations officielles sous l'égide de l'organisation est-africaine Igad qui sert de médiation dans le conflit, ont repris lundi en Ethiopie mais les chefs des forces belligérantes se sont à peine rencontrés.

En vertu d'un accord signé le 10 juin, les deux camps ont jusqu'au 10 août pour former un gouvernement de transition.

Les médiateurs ont averti qu'ils seraient tenus pour responsables d'une poursuite de la guerre civile dans le plus jeune Etat du monde, désormais menacé de famine.

Selon les Nations unies, qui réclament plus d'un milliard de dollars pour aider la population, plus de 50.000 enfants risquent de mourir bientôt de maladie ou de faim au Soudan du Sud.

En avril, la Haut Commissaire de l'ONU au droits de l'Homme, Navi Pillay, avait indiqué que plus de 9.000 enfants étaient recrutés comme combattants.

Pour le comité d'experts de l'UA, les enfants souffrent plus aujourd'hui que pendant la guerre menée entre 1983 et 2005 contre Khartoum qui a conduit à l'indépendance en 2011.

"L'impact sur les enfants du conflit de ces huit derniers mois est plus important que celui des 21 années de guerre", a-t-il jugé.

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