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RDC: le député de l'opposition placé en résidence surveillée dans un hôtel (avocat)

08/08/2014 08:14 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

Le député de l'opposition Jean-Bertrand Ewanga a quitté vendredi matin la prison centrale de Kinshasa pour être placé en résidence surveillée dans un hôtel proche de la télévision nationale, a-t-on appris auprès de l'un des avocats de l'opposant.

"Je viens d'appeler la prison de Makala. On m'a dit qu'il vient de quitter la prison pour l'hôtel Invest. Ils vont organiser sa résidence surveillée là-bas", a déclaré à l'AFP l'avocat et député Jean-Baudouin Mayo, membre comme son client de l'Union pour la nation congolaise (UNC), troisième parti d'opposition.

Des opposants avaient rencontré mercredi après-midi le président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku, en lui demandant d'intervenir pour que le député soit placé en résidence surveillée à son domicile.

Son placement à l'hôtel Invest "ne correspond pas à la loi", a cependant jugé Me Mayo. "La résidence surveillée, c'est chez soi et, de là, on organise la garde. Mais l'hôtel surveillé, c'est déjà mieux que la prison", a-t-il souligné, alors qu'il s'apprêtait à rendre visite au député.

Vendredi matin, plus d'un millier de personnes membres de l'UNC et d'autres partis de l'opposition ont manifesté pacifiquement à Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu (Est), dont est originaire Vital Kamerhe, chef de l'UNC et ancien proche collaborateur du président Joseph Kabila.

Encadrées par la police, elles ont réclamé la libération "immédiate" du député et ont ensuite remis un memorandum au ministre provincial de l'Intérieur Jean-Julien Miruho, a constaté un journaliste de l'AFP.

Lundi, des milliers de personnes s'étaient réunies à Kinshasa à l'appel d'une dizaine de partis de l'opposition et d'organisations de la société civile hostiles à toute modification constitutionnelle qui permettrait au président Joseph Kabila de se représenter en 2016.

M. Ewanga en avait été l'un des grands orateurs. Mardi à l'aube, la police l'a arrêté et la Cour suprême l'a jugé en flagrance pour "offense au chef de l'Etat", et "discrimination raciale ou tribale". Finalement, elle a ordonné le placement en "résidence surveillée" de l'accusé, qui a été conduit à la prison de Makala.

Jeudi, des ambassadeurs européens ont expliqué à M. Minaku qu'ils étaient "préoccupés par l'arrestation du député", qui ne "contribue pas à l'apaisement du climat politique".

L'Union interparlementaire, organisation internationale des parlementaires, basée en Suisse, avait pour sa part demandé la sortie "immédiate" de prison de M. Ewanga et son placement réel en résidence surveillée.

Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, a été élu en 2006 au terme des premières élections libres du pays et a été réélu en 2011 dans des circonstances contestées. Selon la Constitution, il ne peut pas se représenter en 2016 mais l'opposition soupçonne son camp de manoeuvrer pour changer la donne.

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