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Les sanctions économiques russes sont à courte vue, affirme James Moore

08/08/2014 04:09 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

REGINA - Le ministre fédéral de l'Industrie James Moore affirme que la décision de Moscou de fermer ses frontières aux importations agricoles occidentales est un geste à courte vue qui nuira davantage à la Russie.

M. Moore réagissait à l'annonce de Moscou d'un embargo sur les importations de produits alimentaires canadiens, américains, et de plusieurs autres pays occidentaux pendant la prochaine année.

Ce blocus se veut une riposte aux sanctions visant à pousser la Russie à cesser de supporter les rebelles dans l'Est ukrainien.

Au dire du ministre, cela démontre ce qu'il qualifie d'approche «irresponsable et belligérante» du président russe Vladimir Poutine en matière de politique étrangère.

Les producteurs canadiens de porc s'inquiètent tout particulièrement de cet embargo, puisque le porc congelé représente la majorité des exportations agricoles en direction de la Russie. Selon M. Moore, la perte potentielle des marchés russes est une autre raison d'accroître le libre-échange avec l'Europe, la Corée du Sud et d'autres pays.

Par ailleurs, la section saskatchewanaise de Manufacturiers et exportateurs Canada veut que le gouvernement envisage d'offrir un soutien extraordinaire aux exportateurs canadiens touchés par les sanctions commerciales russes. Selon le directeur exécutif Derek Lothian, la Russie est un client essentiel.

Le conseil provincial aimerait ainsi qu'Ottawa crée un fonds d'urgence pour offrir une compensation à court terme pour les entreprises qui seront touchées par les sanctions. Selon M. Lothian, le gouvernement fédéral devrait aussi communiquer étroitement avec les compagnies canadiennes qui exportent en Russie.

Il estime que la Russie possède une importance stratégique en tant que marché indépendant, ainsi que comme porte d'entrée pour d'autres pays en Europe de l'Est.

Toujours selon M. Lothian, les sanctions contre les produits alimentaires auront un effet ricochet sur les industries liées au secteur, et pourraient entraîner des pertes d'emplois au pays.

«Nous sommes connus partout sur la planète comme étant probablement les meilleurs fournisseurs d'équipement agricole. S'il n'y a pas d'argent pour acheter cet équipement dans les marchés étrangers ou intérieurs, cela équivaut à des emplois et des investissements ici.»

Les mesures russes touchent la viande, le lait et les produits laitiers, les fruits et légumes, ainsi que le poisson en provenance du Canada, des États-Unis, de l'Union européenne, de l'Australie et de la Norvège.

Les exportations agricoles canadiennes vers la Russie s'élevaient à 563 millions $ en 2012, selon Agriculture et Agroalimentaire Canada.

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