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L'Ebola est une urgence de santé publique internationale, dit l'OMS

08/08/2014 07:31 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

LONDRES - L'épidémie du virus d'Ebola qui frappe l'Afrique de l'Ouest représente une urgence de santé publique de portée internationale et une réponse extraordinaire sera nécessaire pour en freiner la progression, a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La pire épidémie d'Ebola jamais recensée a jusqu'à présent fait au moins 961 victimes et son taux de mortalité s'établit à environ 50 pour cent. L'OMS avait proclamé des urgences similaires pour la pandémie de grippe porcine en 2009 et pour la polio en mai.

La chef de l'OMS, la docteure Margaret Chan, a précisé que l'annonce représente «un appel clair à la solidarité internationale», même si elle a reconnu que plusieurs pays ne seront jamais touchés par la crise.

«Les pays déjà infectés n'ont tout simplement pas la capacité d'affronter seuls une épidémie de cette ampleur et de cette complexité, a-t-elle prévenu. Je demande à la communauté internationale de nous fournir cette aide de toute urgence.»

L'Union européenne a annoncé vendredi une contribution supplémentaire de 8 millions d'euros et l'envoi d'un deuxième laboratoire diagnostic mobile. L'agence américaine USAID a quant à elle fait savoir qu'elle consacrera 12,45 millions $ US de plus à la lutte contre l'Ebola.

L'OMS avait réuni un comité d'experts cette semaine pour évaluer la gravité de la situation.

L'épidémie actuelle d'Ebola a éclaté en mars en Guinée, avant de se propager à la Sierra Leone et au Libéria. Quelques cas ont aussi été détectés au Nigeria. On ne dispose d'aucun vaccin ou traitement éprouvé contre l'Ebola.

L'impact réel de l'annonce de l'OMS demeure incertain, puisque la déclaration au sujet de la polio ne semble pas avoir freiné la progression de la maladie.

«Des communiqués ne sauvent pas de vies, a dit le directeur des opérations pour Médecins sans frontières, le docteur Bart Janssens. Depuis des semaines, (nous) répétons que nous avons désespérément besoin d'une réponse médicale, épidémiologique et de santé publique énorme... Des vies sont perdues parce que cette réponse est trop lente.»

«Je ne vois pas l'avantage de proclamer une urgence internationale, a dit le docteur David Heymann, qui avait dirigé la réponse de l'OMS à l'épidémie de SRAS. Ça pourrait générer plus d'aide internationale, mais ce n'est pas encore certain.»

L'OMS se réunira de nouveau la semaine prochaine pour discuter des questions d'éthique qui entourent l'utilisation de médicaments expérimentaux pour lutter contre l'épidémie. Rien ne démontre l'efficacité des traitements expérimentaux et il faudrait plusieurs mois seulement pour en produire des quantités modestes.

D'autres experts espèrent que l'annonce de l'OMS verra de nouveaux travailleurs sanitaires arriver en Afrique de l'Ouest.

«La situation est très critique et très différente de ce que nous avons vu précédemment, a dit le docteur Heinz Feldmann, le directeur de la virologie pour l'Institut national américain d'allergies et de maladies infectieuses. Il y a tellement de sites où la maladie se transmet et nous avons besoin de plus de gens au sol.»

L'OMS recommande aux pays touchés par l'épidémie de surveiller les aéroports et les frontières pour empêcher les gens malades de quitter. Elle suggère aussi d'interdire les rassemblements de masse.

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