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Irak: les États-Unis bombardent des positions de l'État islamique

08/08/2014 09:02 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT
AP

ERBIL, Irak - Les États-Unis ont mené leurs premières frappes aériennes dans le nord de l'Irak contre des extrémistes de l'État islamique, vendredi, dans la foulée de la dégradation de la situation humanitaire dans la région. Les extrémistes ont capturé des centaines de femmes appartenant à une minorité religieuse, selon un responsable irakien, tandis que des milliers d'autres civils prenaient la fuite, craignant la mort.

Plusieurs alliés de Washington ont appuyé l'intervention militaire, promettant des mesures urgentes pour aider les très nombreux réfugiés et personnes déplacées dans la région. Parmi les civils menacés, on compte des milliers de membres de la minorité yézidie coincés sur une montagne, et dont la situation désespérée a poussé les États-Unis à y larguer des vivres et de l'eau potable dans la nuit de jeudi à vendredi.

«La campagne de terreur des extrémistes contre les innocents, y compris les minorités yézidie et chrétienne, et les actes de violence grotesques et ciblés portent tous les signes d'un génocide», a déclaré le secrétaire d'État américain, John Kerry. «Pour quiconque ayant besoin d'un signal d'alarme, le voici.»

Soulignant l'aspect urgent de la situation, un porte-parole du ministère irakien des Droits de l'homme a affirmé que des centaines de femmes yézidies avaient été capturées par les islamistes. D'après Kamil Amin, qui cite des informations transmises par les familles des victimes, certaines de ces femmes seraient détenues dans des écoles de la deuxième ville du pays, Mossoul.

«Nous croyons que les terroristes les considèrent désormais comme des esclaves, et qu'ils ont des plans vicieux pour elles, a-t-il déclaré à l'Associated Press. Nous croyons que ces femmes seront utilisées de façon dégradante par les terroristes pour satisfaire leurs envies animales dans des façons qui contredisent toutes les valeurs humaines et islamiques.»

Pour l'armée américaine, dont les derniers soldats ont quitté l'Irak à la fin de 2011 après plus de huit années de guerre, le réengagement a débuté lorsque deux chasseurs F-18 ont largué des bombes sur une pièce d'artillerie et son camion de transport. Selon le Pentagone, les jihadistes utilisaient cette arme pour pilonner les forces kurdes défendant Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, qui abrite un consulat américain et près d'une trentaine de conseillers militaires américains en mission de formation.

Plus tard vendredi, les États-Unis ont lancé une nouvelle vague de frappes près d'Erbil, ont indiqué des responsables. Un avion non identifié aurait détruit un mortier et quatre F-18 ont détruit un convoi de sept véhicules.

S'emparant d'autres territoires à partir de leur fief de Mossoul, les extrémistes ont pris le contrôle d'une série de villes irakiennes et du plus grand barrage du pays au cours des dernières semaines. Les minorités ethniques et religieuses, craignant la persécution et les massacres, ont fui alors que leurs villes tombaient les unes après les autres. Plusieurs avaient trouvé refuge dans un camp près d'Erbil, mais l'endroit était déserté, vendredi, les combats les ayant de nouveau forcées à fuir. Selon les Nations unies, plus de 500 000 personnes ont été déplacées par les combats dans le nord de l'Irak depuis le mois de juin, portant le total de cette année à plus d'un million.

Contrairement à la décision d'envahir l'Irak il y a plus d'une décennie, les ravitaillements et les bombardements américains ont été bien accueillis par des responsables irakiens et kurdes craignant l'avancée des jihadistes.

Dans un discours prononcé jeudi, le président américain Barack Obama a identifié la protection des yézidis et la défense des Américains comme étant les principaux objectifs de l'intervention. Vendredi, toutefois, son porte-parole Josh Earnest a indiqué que Washington était également prêt à utiliser la puissance militaire pour aider les forces irakiennes et kurdes. Si l'armée irakienne s'est fréquemment avérée incapable de reprendre des villes importantes tombées entre les mains de l'État islamique, M. Earnest a parlé des troupes kurdes, les peshmergas, comme d'une force «efficace» qui a démontré sa capacité de se regrouper efficacement.

À un point de contrôle situé à 38 kilomètres d'Erbil, les miliciens kurdes se sont engagés à résister farouchement aux percées de l'État islamique, mais ils ont aussi remarqué la férocité de leurs ennemis. Le capitaine Ziyran Mahmoud a déclaré que des jihadistes portaient des vestes piégées alors qu'ils progressaient dans des véhicules blindés et les faisaient sauter si les Kurdes se rapprochaient trop, tuant ainsi des combattants des deux camps.

De son côté, l'International Rescue Comittee a annoncé qu'il offrait des soins de santé d'urgence à 4000 Yézidis déshydratés, majoritairement des femmes et des enfants, qui ont survécu sans nourriture ni eau pendant jusqu'à six jours, alors qu'ils se cachaient dans les montagnes avant de trouver refuge dans un camp en Syrie, où la guerre civile fait toujours rage.

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