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Iran : les arrestations de journalistes sont "inacceptables" (ONU)

08/08/2014 01:27 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

Des experts de l'ONU se sont dits alarmés vendredi par la récente vague d'arrestations et de condamnations sévères visant des journalistes en Iran, parmi lesquels le correspondant à Téhéran du Washington Post.

"Condamner des individus parce qu'ils expriment leurs opinions est absolument inacceptable", a souligné Ahmed Shaheed, rapporteur des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Iran, dans un communiqué signé par cinq autres experts de l'ONU.

Depuis le 22 mai, au moins 36 personnes, dont des journalistes, des blogueurs, des cinéastes et des écrivains, ont été arrêtés, cités à comparaître ou condamnés en raison de leur activité journalistique ou pour avoir exprimé leurs opinions sur les réseaux sociaux, ont rappelé les experts de l'ONU.

Le correspondant du Washington Post, Jason Rezaian, et un photographe irano-américain ont été arrêtés avec leurs épouses le 22 juillet.

Les Etats-Unis, qui n'ont plus de relations diplomatiques avec l'Iran depuis 1980, ont appelé à la libération des journalistes, mais Téhéran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, maintient qu'il s'agit d'une affaire intérieure.

"Ces cas illustrent la tendance négative alarmante qui s'installe en Iran. (...) Les individus et les journalistes qui exercent leur liberté d'opinion et d'expression doivent être protégés et non arrêtés et poursuivis", affirment les experts de l'ONU.

Ils critiquent également les lourdes peines, allant de six mois à 20 ans d'emprisonnement, prononcées à l'issue de procès "émaillés d'irrégularités de procédure".

L'auteur iranien Arzhang Davoodi a été récemment condamné à mort après avoir été déclaré coupable de "mohareb" (hostilité à l'égard de Dieu) en raison de ses commentaires sur un groupe de dissidents iraniens, rappellent-ils.

"Une condamnation découlant d'un procès injuste et d'une absence de procédure régulière, sur des accusations qui ne justifient ni la mort ni une longue peine de prison, constitue une violation flagrante du droit international humanitaire", jugent les experts de l'ONU.

"Des condamnations aussi extrêmes sont tout simplement intolérables et doivent être infirmées", concluent-ils.

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