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Ebola: l'OMS décrète une "urgence de santé publique de portée mondiale"

08/08/2014 03:08 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

L'Organisation mondiale de la santé a décrété vendredi que l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui frappe l'Afrique de l'Ouest était "une urgence de santé publique de portée mondiale".

"L'OMS a accepté les conclusions" en ce sens de son comité d'urgence, qui s'est réuni mercredi et jeudi à Genève, a déclaré devant la presse le Dr Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation.

Le comité a été "unanime pour considérer que les conditions d'une urgence de santé publique de portée mondiale sont réunies", a-t-elle ajouté.

Devant une situation qui continue de s'aggraver, il faut une "réponse internationale coordonnée" pour "arrêter et faire reculer la propagation internationale d'Ebola".

L'épidémie d'Ebola qui a fait près de 1.000 morts depuis le début de l'année sur plus de 1.700 cas présumés est "la plus importante et la plus sévère" en quatre décennies, a encore souligné le Dr Chan.

Elle a estimé que les pays d'Afrique de l'Ouest touchés : le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée et, dans une moindre mesure, le Nigeria, "ne peuvent y faire face par eux-mêmes" et a appelé "la communauté internationale à leur fournir le soutien nécessaire".

Le comité d'urgence a exclu des restrictions sur les voyages internationaux ou sur le commerce international. Mais, a-t-il dit, "les Etats doivent se préparer à détecter et traiter des cas de malades Ebola" et "à faciliter l'évacuation de leurs ressortissants, en particulier les personnels médicaux, qui ont été exposés à Ebola".

Le comité souligne que les chefs d'Etat des pays affectés doivent "décréter un état d'urgence" et "s'adresser personnellement à la nation pour fournir l'information sur la situation".

Le Dr Keiji Fukuda, adjoint de la directrice générale en charge de l'épidémie, a précisé que comme le temps d'incubation est de 21 jours, les personnes affectées doivent rester 30 jours en quarantaine.

Ceux qui ont été en contact avec des malades, à l'exception du personnel médical équipé de vêtements protecteurs, ne doivent pas être autorisés à voyager, a-t-il précisé.

Il a également indiqué que les équipages des vols commerciaux qui se rendent dans les pays affectés doivent recevoir une formation ainsi que du matériel médical pour leur protection et celle de leurs passagers.

"Empêcher les compagnies aériennes de se rendre dans ces pays affecterait leur économie", a affirmé Mme Chan.

Le comité recommande également que tous les voyageurs quittant les pays affectés fassent l'objet d'un examen dans les aéroports, les ports et aux principaux postes frontières, avec un questionnaire et une prise de température, les cas suspects devant être stoppés.

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