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Le Nigeria décrète l'état d'urgence en raison de l'épidémie d’Ebola

08/08/2014 03:00 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Nigeria health officials wait to screen passengers at the arrival hall of Murtala Muhammed International Airport in Lagos, Nigeria, Monday, Aug. 4, 2014. Nigerian authorities on Monday confirmed a second case of Ebola in Africa's most populous country, an alarming setback as officials across the region battle to stop the spread of a disease that has killed more than 700 people. (AP Photo/Sunday Alamba)

L'épidémie d'Ebola pousse le président du Nigeria à décréter l'état d'urgence. Pendant ce temps, sur le terrain, l'épidémie est hors de contrôle, selon la présidente internationale de Médecins sans frontières et pédiatre à l'hôpital Sainte-Justine, Joanne Liu.

« S'il n'y a pas une augmentation des capacités sur place pour contenir cette épidémie, nous risquons d'affronter une réelle urgence de santé publique internationale », a-t-elle expliqué ce midi en entrevue à l'émission Pas de midi sans info, sur ICI Radio-Canada Première. 

« C'est un boulot titanesque, et à moins qu'on mette toutes les ressources au sein de la région et au niveau mondial ensemble, on n'y arrivera pas. »

La Dre Liu rappelle également que les conditions de travail sur le terrain sont extrêmement difficiles. Le personnel d'urgence doit prendre le temps d'éduquer la population, parfois réfractaire à la médecine occidentale. La maladie fait peur, même au sein du personnel humanitaire. 

Urgence internationale

Au Nigeria, le président Goodluck Jonathan a débloqué un fonds d'urgence de 11 millions de dollars pour contenir la propagation de la maladie dans ce pays, le plus populeux d'Afrique.

En toile de fond de cette nouvelle alarmante : l'annonce, faite plus tôt par l'OMS, que l'épidémie de fièvre hémorragique causée par le virus Ebola constitue un événement exceptionnel et représente désormais une urgence de santé publique de portée internationale.

Cette intervention de l'OMS survient alors que le bilan s'alourdit dans les quatre pays d'Afrique de l'Ouest frappés par l'épidémie. On dénombre jusqu'ici 961 décès, dont 30 sont survenus les 5 et 6 août. Les autorités sanitaires font état de 68 nouveaux cas, portant le total des cas à 1779.

Les conséquences possibles d'une persistance de l'épidémie en Afrique de l'Ouest sont « particulièrement graves » compte tenu de la virulence d'Ebola, précise l'OMS, dont le siège est à Genève.

Pour la directrice générale de l'OMS, la Dre Margaret Chan, la situation est si préoccupante que les quatre pays touchés par l'épidémie (le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée et le Nigeria) ne peuvent y faire face seuls.

« Une réponse internationale coordonnée est considérée comme essentielle pour arrêter et faire reculer la propagation internationale d'Ebola », a indiqué vendredi dans un communiqué le comité d'urgence de l'OMS, à l'issue d'une réunion de deux jours.

Le comité, qui a exclu des restrictions sur les voyages internationaux ou sur le commerce international, souligne que les pays doivent se préparer à détecter et à soigner des malades de la fièvre hémorragique, mais aussi à faciliter l'évacuation de leurs ressortissants.

Jeudi, l'Europe a accueilli un premier malade d'Ebola, un missionnaire espagnol contaminé au Liberia. De leur côté, après avoir rapatrié deux patients américains, les États-Unis ont porté leur alerte sanitaire au maximum. L'agence américaine des médicaments (FDA) a d'ailleurs partiellement levé des restrictions sur un traitement expérimental de l'entreprise canadienne Tekmira.

Un des deux Américains traité dans un hôpital d'Atlanta, le Dr Kent Brantly affirme d'ailleurs dans un communiqué qu'il se porte mieux et remercie le personnel qui s'occupe de lui. 

La vigilance s'impose

Le porte-parole Tarik Jarasevic de l'OMS mentionne que des pays ont lancé de fausses alertes depuis quelques mois et c'est une bonne chose, dit-il. « Ça veut dire que les pays renforcent leur surveillance. Ils testent les gens qui présentent des symptômes et c'est ce qu'on veut ».

« J'étais la semaine dernière en Guinée et en Sierra Leone, et les autorités sanitaires font vraiment tout ce qu'elles peuvent », indique M. Jarasevic.

Un chantier d'ArcelorMittal paralysé

Au Liberia, des entreprises sont si inquiètes des risques de propagation du virus Ebola qu'elles ont interrompu un chantier sur lequel elles travaillaient en sous-traitance pour ArcelorMittal, le géant mondial de l'acier.

Par communiqué, la multinationale a fait savoir que les entreprises en question ont déclaré un cas de « force majeure » et qu'elles ont évacué leurs employés. ArcelorMittal précise vouloir redémarrer le chantier le plus vite possible. Un autre chantier de la compagnie est toujours en activité au Liberia et la multinationale assure y avoir mis en place toutes les mesures nécessaires, y compris les procédures d'urgence.

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