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Chine: un Britannique et une Américaine liés à GSK condamnés à des peines de prison

08/08/2014 02:47 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

Deux enquêteurs privés liés au géant pharmaceutique britannique GSK, un Britannique et son épouse américaine, ont été condamnés vendredi à des peines de prison par un tribunal de Shanghai pour violation de la législation sur la vie privée.

L'enquêteur britannique Peter Humphrey a été condamné à deux ans et demi de prison et à une amende de 200.000 yuans (32.000 dollars), a annoncé la Cour intermédiaire numéro un de Shanghai sur son compte officiel de microblogging.

Son épouse Yu Yingzeng, de nationalité américaine, a été condamnée à deux ans de prison et à une amende de 150.000 yuans (24.000 dollars), selon la même source.

"Humphrey et Yu Yingzeng ont déclaré qu'ils regrettaient leurs actions et ont présenté leurs excuses dans leurs déclarations finales", a indiqué Tang Liming, porte-parole du tribunal, sur ce compte officiel.

Le couple avait été arrêté pendant l'été 2013 et placé en détention.

Tous deux étaient accusés d'avoir obtenu illégalement des informations privées concernant des citoyens chinois. Ils auraient acheté ou obtenu par des moyens illicites, notamment par le biais de photographies clandestines ou de filatures, des informations personnelles telles que des adresses, des détails sur des voyages et des titres de propriété.

Les procureurs chinois leur ont reproché d'avoir ainsi collecté illégalement plus de 200 éléments d'information sur des citoyens chinois, informations qu'ils revendaient à des clients.

"De façon générale, je ne conteste pas" les charges énoncées par le procureur, a déclaré M. Humphrey au début du procès, selon ses propos cités sur le compte du tribunal.

Selon la porte-parole du tribunal, ni Peter Humphrey ni Yu Yingzeng n'ont fait appel de leur condamnation.

Ancien journaliste, M. Humphrey avait fondé à Shanghai la firme de conseil et d'évaluation des risques ChinaWhys, dont Mme Yu était la directrice générale.

Le fils du couple, Harvey Humphrey, s'est déclaré "très attristé" par la sentence prononcée contre ses parents.

"Je ne m'attendais pas à ce que les peines soient aussi longues", a-t-il déclaré à l'AFP. Il a dit espérer que les autorités chinoises prendraient en compte "le mauvais état de santé de mes parents", sans fournir de précisions sur ce point.

M. Humphrey et son épouse avaient été recrutés pour enquêter sur l'origine d'une "sex tape", une vidéo clandestine montrant des ébats de Mark Reilly, numéro un de GlaxoSmithKline (GSK) en Chine, juste avant que le groupe pharmaceutique britannique ne soit visé par la justice chinoise dans une vaste enquête pour corruption.

Cependant, le procureur n'a mentionné à aucun moment le groupe britannique en interrogeant vendredi les deux accusés, selon le compte-rendu du tribunal.

Auparavant, dans une "confession" télévisée de Peter Humphrey diffusée par la télévision d'Etat chinoise CCTV, qui avait montré les deux enquêteurs en uniformes de prisonniers, les liens du couple avec GSK n'avaient pas été mentionnés non plus.

Les autorités chinoises ont lancé l'an dernier des enquêtes très médiatisées sur plusieurs laboratoires pharmaceutiques étrangers, soupçonnés notamment de corruption ou d'entente sur les prix.

Au terme de 10 mois d'enquête sur GSK, la police chinoise avait conclu en mai que Mark Reilly avait ordonné à ses équipes de commerciaux en Chine de verser des pots-de-vin à des hôpitaux, des médecins et des cadres politiques pour doper leurs ventes.

Le système de santé chinois, où les salaires sont très bas, est réputé être miné par les pots-de-vin, offerts par les groupes pharmaceutiques aux personnels médicaux.

Les accusations portées à l'encontre de Peter Humphrey et Yu Yingzeng ont suscité une vive inquiétude parmi les investisseurs étrangers en Chine, habitués à recourir à des enquêteurs indépendants pour conduire des audits préalables sur des entreprises chinoises.

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