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Brésil : amende pour les patrons qui emploient leur domestique au noir

08/08/2014 12:55 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

Tout employeur ne respectant pas la nouvelle "loi des domestiques" au Brésil, qui assure aux six millions d'employés de maison du pays les mêmes droits qu'aux autres salariés, est désormais passible d'une amende minimum de 805 reais (262 euros).

Cette pénalité vient d'entrer en vigueur, plus d'un an après la promulgation d'un amendement à la Constitution brésilienne surnommé "Loi des domestiques".

Le ministère du Travail a indiqué que d'après la Constitution, le foyer est un espace inviolable, ce qui veut dire que les inspecteurs du travail ne pourront pas entrer chez les particuliers.

Cependant, les employés de maison - ou des tiers - pourront dénoncer l'employeur. En fonction de cela, certains experts voient déjà des "difficultés pour appliquer l'amende", selon la presse.

Le montant de 805 reais est le minimum et pourra augmenter en fonction de l'âge et du temps de service de l'employé. L'amende n'ira pas à l'employé mais aux coffres de l'Etat.

Au Brésil, le salaire minimum est de 724 reais par mois (235 euros).

Votée en avril 2013, cette loi a représenté l'une des plus importantes conquêtes sociales des dernières années.

Employés de maison, nourrices, chauffeurs et auxiliaires de vie pour les personnes âgées ont désormais une durée maximale de travail de 44 heures par semaine, le paiement majoré des heures supplémentaires et un tarif nocturne.

Selon les statistiques officielles il y avait en 2011 au Brésil 6,5 millions d'employés de maison, dont 6,1 millions étaient des femmes. Des organisations du secteur estiment qu'ils sont 7,7 millions.

Un des derniers pays à abolir l'esclavage en 1888, le Brésil n'assurait toujours pas jusqu'à présent aux employés de maison les mêmes droits qu'aux autres travailleurs.

Même si la loi obligeait les employeurs à déclarer leurs domestiques pour qu'elles aient une protection sociale et la retraite notamment, on estime que deux tiers d'entre elles (4,5 millions) travaillaient au noir.

L'émancipation des employés de maison avait suscité des débats largement répercutés dans les médias.

"L'existence du travail domestique sous sa forme actuelle au Brésil est pratiquement unique au monde et remonte à l'époque de l'esclavage", avait affirmé la sénatrice Lidice da Mata, rapporteuse de la nouvelle loi.

De nombreux experts ont fait remarquer que la situation avait déjà évolué au cours des 10 dernières années au Brésil.

Le contexte économique a donné aux femmes de ménage un nouveau pouvoir de négociation et depuis 2003, leurs revenus ont augmenté de 53% au dessus de l'inflation, le double de la moyenne des autres travailleurs.

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