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Un tribunal inflige une peine d'emprisonnement à vie à deux anciens Khmers rouges

07/08/2014 12:01 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

PHNOM PENH, Cambodge - Un tribunal parrainé par les Nations unies a condamné deux des principaux chefs des Khmers rouges à une peine d'emprisonnement à perpétuité pour des crimes contre l'humanité commis lors d'un génocide qui a fait près de deux millions de morts au Cambodge, dans les années 1970.

Les verdicts ont été annoncés jeudi.

Khieu Samphân, âgé de 83 ans, est l'ancien chef du «Kampuchéa démocratique», le nom du Cambodge sous le règne des Khmers rouges tandis que Nuon Chea, âgé de 88 ans, était l'idéologue en chef du mouvement.

Les deux hommes, dont l'état de santé est précaire, ont toujours nié les accusations. Ils sont les deux seuls leaders de l'ancien régime toujours en vie.

Le président du tribunal, le juge Nil Nonn, leur a demandé de se lever pour la lecture du verdict. Nuon Chea a prétendu être trop affaibli pour pouvoir obéir, et il a pu rester assis dans son fauteuil roulant.

Nil Nonn a dit que les deux hommes se sont rendus coupables «d'extermination englobant des meurtres, de persécution politique et d'autres gestes inhumains y compris des transferts, des disparitions forcées et des attaques contre la dignité humaine».

Les deux accusés n'ont eu aucune réaction visible. La décision peut être portée en appel, mais Nil Nonn a prévenu le tribunal que «compte tenu de la gravité des crimes», les deux hommes resteraient en détention.

Des centaines de sièges réservés au public étaient comblés par des gens, dont plusieurs survivants du régime des Khmers rouges, venus de partout au pays pour entendre le verdict.

Khieu Samphân avait prétendu, en 2011, n'avoir été qu'un personnage symbolique, sans pouvoir réel, et n'avoir jamais ordonné d'exécutions personnellement. Nuon Chea, en revanche, était le bras droit du leader des Khmers rouges, Pol Pot. Il a néanmoins affirmé que ce sont des soldats vietnamiens qui avaient exécuté les Cambodgiens.

Les deux hommes seront de nouveau traduits en procès en septembre, cette fois pour génocide.

Amnesty International a salué le verdict de jeudi, estimant qu'il s'agit d'une «étape cruciale en direction de la justice».

Les preuves de l'accusation reposaient sur l'exil forcé des millions de citadins cambodgiens et l'existence de charniers dans le nord-est du pays.

Entre 1975 et 1979, pendant le règne des Khmers rouges, dirigés par Pol Pot, environ 1,7 million de personnes sont mortes de famine, de négligence médicale, d'épuisement ou ont été exécutées.

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