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RDC: la Monusco doit se renforcer au Katanga pour protéger "efficacement" les civils (ONG)

07/08/2014 09:11 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

L'ONG américaine Refugees International appelle le Conseil de sécurité de l'ONU à renforcer la présence des Casques bleus dans le nord du Katanga (Sud-Est), où des hommes armés commettent de graves exactions, tandis que des tensions intercommunautaires s'aggravent.

"Dans sa forme actuelle, la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) ne peut pas efficacement protéger les civils au Katanga", affirme Michel Gabaudan, président de Refugees International, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité.

"Avec moins de 200 soldats et très peu de civils (de la Monusco) déployés dans les zones de conflit, la capacité de la Monusco de patrouiller, contrôler et répondre aux violences est extrêmement limitée", a-t-il insisté, espérant que le Conseil étudiera ce problème lors de son débat jeudi.

La Monusco, présente depuis 1995 en RDC, est l'une des plus importantes missions de paix dans le monde, avec environ 21.200 employés en uniforme et près de 4.000 civils. Plus de 95% des militaires et policiers sont déployés dans l'Est, en proie à une instabilité chronique depuis deux décennies.

Dans le nord du Katanga, "des milliers de violations des droits de l'Homme - dont des meurtres, tortures et violences sexuelles - sont commises par le groupe rebelle Maï Maï Bakata Katanga, des milices d'auto-défense bantoues et pygmées et des membres de l'armée congolaise", souligne M. Gabaudan.

Les Bakata Katanga évoluent dans un "triangle de la mort" délimité par les localités de Pweto, Mitwaba et Manono. Ils réclament plus d'égalité avec la partie sud, siège de la production minière (cuivre, cobalt...) et poumon économique du pays.

En mai 2013, ces rebelles, surtout d'ethnie luba, ont mené des attaques meurtrières contre des localités habitées notamment par des Pygmées pour les "+punir+ de leur (...) collaboration supposée" avec l'armée, selon l'ONU. Depuis, les deux communautés s'affrontent, inquiétant vivement les travailleurs humanitaires.

Pour endiguer les violences, Refugees International estime que la Monusco doit augmenter ses effectifs mais aussi "ouvrir une base supplémentaire à Mitwaba" et mettre un terme à ses opérations avec l'armée, notamment en raison "de mauvais traitements généralisés" qu'auraient commis des soldats.

Principalement en raison des violences, le nombre de déplacés a quasiment augmenté 50% entre juin 2013 et juin 2014 dans la province du Katanga, et est passé à près de 545.000 déplacés, d'après l'ONU.

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