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Présidentielle afghane: Kerry à Kaboul pour hâter le processus

07/08/2014 10:25 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat John Kerry est de retour à Kaboul jeudi pour tenter de donner une nouvelle impulsion au processus électoral afghan et obtenir la désignation d'un nouveau président à temps pour le sommet de l'Otan en septembre.

M. Kerry va plaider pour que Kaboul présente un chef d'Etat investi et un gouvernement d'union nationale au sommet de l'Otan les 4 et 5 septembre au Pays de Galles, a indiqué un responsable du département d'Etat dans l'avion du ministre américain.

"C'est possible, c'est souhaitable", a déclaré ce diplomate. "Nous allons souligner que le sommet de l'Otan représente une occasion importante pour qu'une nouvelle administration afghane se présente devant la communauté internationale", a insisté le responsable américain.

Le chef de la diplomatie américaine avait déjà été dépêché à Kaboul en urgence début juillet. Malgré les tensions extrêmes, il avait obtenu un accord des deux candidats, Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, pour un audit intégral des quelque 8,1 millions de votes du deuxième tour de la présidentielle du 14 juin.

L'audit inédit, visant à sauver la première transition démocratique de l'histoire de l'Afghanistan, a débuté le 17 juillet avec l'acheminement des milliers d'urnes depuis les quatre coins du pays.

Depuis cette date, il a connu plusieurs interruptions en raison notamment de désaccords entre les équipes des deux candidats liés à des problèmes de procédure.

Si l'opération destinée à éliminer les votes frauduleux et à donner enfin un vainqueur au scrutin a débuté dans les polémiques, la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) a joué un rôle crucial en négociant activement avec les candidats les différentes questions de procédure, obtenant finalement un accord technique.

- Terminer l'audit -

Après une pause lors de la fête de l'Aïd El-Fitr, les autorités électorales ont finalement repris dimanche l'examen massif des bulletins de vote, sous les yeux de centaines d'observateurs nationaux et internationaux, ainsi que des représentants des deux candidats à la succession du président Hamid Karzaï.

Jeudi entre 4.000 et 5.000 urnes sur un total de 23.000 avaient été auditées, l'opération semblant gagner en efficacité ces derniers jours.

Mais le processus visant à invalider les votes jugés frauduleux à proprement parler ne commencera pas avant la semaine prochaine.

M. Kerry doit s'entretenir avec les deux candidats et espère obtenir d'eux "un engagement sur un calendrier pour terminer l'audit et un accord sur les détails d'un gouvernement d'unité nationale", a ajouté le cadre du département d'Etat.

De son côté, le président Karzaï a fait savoir dans un communiqué jeudi que le nouveau président devait être "annoncé selon le calendrier prévu (en ce mois d'août) afin que le nouveau président puisse prendre ses fonctions".

A quelques mois du retrait des troupes de l'Otan prévu en fin d'année, les bailleurs de fonds étrangers qui portent à bout de bras le fragile gouvernement afghan attendent l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle équipe légitime pour réduire les risques d'instabilité. Une gageure au vu des accusations de fraudes, qui ne se sont jamais apaisées depuis le vote.

M. Kerry était arrivé à Kaboul le mois dernier au plus fort de la crise politique entre les deux candidats. Abdullah Abdullah s'était déclaré vainqueur, alors que selon les résultats préliminaires son adversaire Ashraf Ghani bénéficiait d'une large avance d'environ un million de voix.

Certains partisans de M. Abdullah avaient appelé à former un gouvernement parallèle, voire à marcher sur le palais présidentiel.

Alors que les tensions s'amplifiaient entre les Tadjiks fidèles à M. Abdullah et les Pachtounes qui constituent la base du soutien de M. Ghani, l'ONU s'était alarmée d'un possible retour aux divisions ethniques qui ont marqué les années 1990 en Afghanistan, avant la prise du pouvoir par les talibans en 1996.

De nombreux observateurs craignaient que l'insurrection toujours active menée par les talibans ne profite du flottement créé par la crise politique pour gagner du terrain. En effet, en cet été 2014, la "saison des combats" a montré une forte activité des insurgés.

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