NOUVELLES

Oscar Pistorius a été un témoin «exécrable», selon le procureur en chef

07/08/2014 10:48 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

PRETORIA, Afrique du Sud - Oscar Pistorius a été un témoin «exécrable» qui a souvent menti dans une grossière tentative de se défendre contre l'accusation d'avoir tué sa copine Reeva Steenkamp, a dit jeudi le procureur en chef, lors de son plaidoyer final au procès de l'athlète.

Le procureur Gerrie Nel a aussi vertement critiqué les avocats du double amputé, disant qu'ils ont suggéré plus d'une théorie sur ce qui s'est passé la nuit où Pistorius a tiré sur Steenkamp à travers la porte fermée d'une salle de bains, chez lui. Selon Nel, la défense a plaidé qu'il a agi en autodéfense, craignant un intrus, mais a de plus soulevé la possibilité qu'il ne soit pas criminellement responsable, tirant sur Steenkamp de manière accidentelle car il a été «surpris».

«Ce sont deux défenses qui ne peuvent jamais s'accorder», a dit Nel.

Les pères du coureur olympique et de Steenkamp, mannequin et personnalité télé, étaient au palais de justice de Pretoria pour la première fois depuis le début du procès en mars. On raconte que Pistorius n'était plus proche de son père, Henke, tandis que celui de Steenkamp, Barry, a dû composer avec des ennuis de santé.

Le frère aîné de Pistorius Carl, souvent présent au tribunal, se trouvait aux soins intensifs d'un hôpital sud-africain, suite à des blessures subies lors d'un sévère accident de la route, la semaine dernière.

Barry Roux, l'avocat en chef de la défense, a écouté le procureur et consulté des dossiers pendant le plaidoyer final, qui a duré quelques heures - la juge Thokozile Masipa a parfois dit à Nell d'accélérer, d'ailleurs, alors qu'il élaborait sur une centaine de pages d'observations écrites.

Roux va livrer son plaidoyer final vendredi, puis Masipa va ajourner le procès pour déliber avec deux assistants juridiques pour un verdict.

La poursuite a fait valoir que Pistorius a intentionnellement tiré sur Steenkamp avant l'aube le 14 février 2013, après une dispute. La défense a répondu qu'il a tiré par accident, pensant qu'il était sur le point de se faire attaquer par un intrus et que Steenkamp était dans la chambre à coucher.

Pistorius a été vague lorsqu'il a avancé que la police a peut-être altéré des preuves, incluant des ventilateurs et une couverture de lit, selon Nel. Il est aussi improbable que l'athlète, dans sa version, ait accouru avec un pistolet pour vérifier un supposé son dans la salle de bains sans d'abord essayer de parler à Steenkamp et s'assurer qu'elle soit en sécurité, a dit le procureur.

La poursuite dit que Pistorius a «eu recours à des élans émotifs bien calculés et répétés pour détourner l'attention et éviter d'avoir à répondre à des questions».

Un psychologue qui a examiné Pistorius, sous mandat de la cour, a conclu qu'il est devenu sévèrement traumatisé depuis la date du décès par balle de Steenkamp, et qu'il pourrait présenter un risque accru de se suicider, à moins de continuer de recevoir de l'aide en santé mentale.

En plus de l'accusation de meurtre, Pistorius fait face à trois accusations distinctes liées aux armes à feu, dont une reliée à un incident où il aurait tiré un coup de feu dans un restaurant bondé de Johannesbourg, en janvier 2013. Il a plaidé non coupable aux quatre accusations.

Comme il n'y a pas de procès avec jury en Afrique du Sud, la juge Masipa décidera si Pistorius a commis un meurtre ou est coupable du décès par négligence, ou bien s'il a commis une erreur tragique et devrait être acquitté.

Pistorius est passible de 25 ans pouvant aller jusqu'à la prison à vie, si trouvé coupable de meurtre prémédité. Dans le cas d'un homicide par négligence, il pourrait passer jusqu'à 15 ans derrière les barreaux.

PLUS:pc