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Le président Obama autorise des frappes ciblées contre les extrémistes en Irak

07/08/2014 08:36 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président des États-Unis a annoncé, jeudi soir, qu'il avait autorisé l'armée américaine à mener des frappes aériennes ciblées contre les extrémistes en Irak si ceux-ci menacent le personnel américain en poste dans le nord du pays, de même que pour aider les forces irakiennes à protéger les civils assiégés, une annonce qui fait craindre un nouvel engagement américain dans ce pays déchiré par les conflits intercommunautaires.

Lors d'une déclaration télévisée en fin de soirée, Barack Obama a également annoncé que l'armée américaine avait parachuté, plus tôt dans la journée, de l'aide humanitaire à des dizaines de milliers de membres d'une minorité religieuse assiégée par les jihadistes dans le nord de l'Irak.

«Aujourd'hui, les États-Unis viennent pour aider», a dit M. Obama devant les médias à la Maison-Blanche.

Cette annonce représente le plus important engagement militaire américain en Irak depuis le retrait complet des troupes américaines du pays, en 2011, après près d'une décennie de guerre.

Le président a affirmé que l'aide humanitaire avait été parachutée à la demande du gouvernement irakien. Elle a été acheminée aux milliers de membres de la minorité yézidie coincés au sommet d'une montagne, sans eau ni nourriture, après avoir été forcés de fuir l'avancée des extrémistes qui exigeaient qu'ils se convertissent à l'islam.

Au cours des derniers jours, les extrémistes de l'État islamique ont pris des villages du nord de l'Irak où vivent des minorités religieuses, notamment des chrétiens et des yézidis, adeptes d'une religion très ancienne liée au zoroastrisme. Les jihadistes se sont aussi emparés, jeudi, du plus important barrage du pays à Mossoul, ce qui leur donne le contrôle sur d'importantes ressources en électricité et en eau.

M. Obama, dont la présidence a été marquée par la fin de l'engagement militaire américain en Irak, a reconnu que la perspective d'une nouvelle opération dans ce pays serait une source d'inquiétude pour de nombreux Américains. Il a promis de nouveau qu'il ne déploierait pas de soldats au sol et a réaffirmé qu'il n'y avait pas de solution militaire américaine à la crise irakienne.

«En tant que commandant en chef, je ne permettrai pas que les États-Unis soient entraînés dans une autre guerre en Irak», a-t-il affirmé.

Il a expliqué que des frappes aériennes seraient menées contre les extrémistes si ceux-ci menacent les instructeurs militaires américains en poste à Erbil ou le consulat américain installé dans cette ville du nord de l'Irak. Les instructeurs américains ont été envoyés en Irak plus tôt cette année dans le cadre de la réponse de la Maison-Blanche à l'avancée des jihadistes en Irak et en Syrie.

«Quand la vie de citoyens américains est en danger, nous agissons», a déclaré le président. «C'est ma responsabilité en tant que commandant en chef.»

M. Obama a également indiqué qu'il avait autorisé des frappes ciblées pour protéger les civils irakiens si les forces de sécurité irakiennes en faisaient la demande.

Le président a fait cette annonce après avoir eu des discussions urgentes, jeudi, avec son équipe de sécurité nationale. Il s'est adressé aux médias après que les avions militaires américains ayant parachuté de la nourriture et de l'eau eurent quitté le nord de l'Irak en toute sécurité.

Le Pentagone a précisé que le parachutage avait été réalisé par un avion C-17 et deux C-130, qui ont largué 72 colis de nourriture et d'eau. Les avions de transport de marchandises étaient escortés par deux avions de combat F/A-18 partis d'une base aérienne non précisée.

Les avions ont ainsi permis de livrer quelque 20 000 litres d'eau potable et 8000 repas préemballés. L'opération à basse altitude a duré moins de 15 minutes.

M. Obama a affirmé que cette mission d'aide aux yézédis s'inscrivait dans le cadre du mandat des États-Unis d'intervenir dans les régions du monde où les capacités militaires américaines peuvent empêcher un massacre.

Dans ces cas, a dit le président, «nous pouvons agir prudemment et de façon responsable pour empêcher un possible génocide».

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