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Le procès Pistorius a repris avec le réquisitoire du procureur

07/08/2014 04:03 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Le procès du champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius a repris à Pretoria jeudi avec le réquisitoire du procureur Gerrie Nel qui est convaincu que l'athlète a sciemment abattu sa petite amie Reeva Steenkamp en février 2013.

"La défense a présenté deux axes de défense et a demandé à la Cour d'en choisir un", a attaqué le procureur Nel.

Les défenses de l'accusé sont inconciliables, a-t-il souligné: "Auto-défense ou acte par réflexe, sans s'en rendre compte? Ca n'est pas conciliable!"

Oscar Pistorius a "fabriqué" sa version au fur et à mesure et sa version des faits doit être rejetée, ne serait-ce qu'à cause de son piètre témoignage, pendant lequel il s'est contredit, a-t-il relevé.

Le parquet estime que c'est au cours d'une dispute que le sportif a sciemment abattu son amie, un mannequin de 29 ans, au petit matin du 14 février 2013, jour de la Saint Valentin. Fuyant sa colère, Reeva se serait réfugiée dans les toilettes, sur la porte desquelles il a tiré quatre balles d'une arme hyper-puissante.

"En fait, vous saviez que Reeva était derrière la porte et vous avez tiré sur elle. C'est la seule chose plausible", avait lancé Gerrie Nel en avril, pendant l'éprouvant interrogatoire de l'accusé. "Elle n'avait pas peur d'un intrus, elle avait peur de vous!"

La parole reviendra ensuite à la défense, a priori vendredi (mais peut-être dès jeudi, si Gerrie Nel est rapide), avec la plaidoirie de l'avocat Barry Roux.

Oscar Pistorius, 27 ans, affirme avoir tué son amie par erreur, croyant ouvrir le feu sur un cambrioleur caché dans les toilettes, en pleine nuit.

Si une expertise a retenu qu'il était responsable de ses actes - et ne souffre pas de désordre d'anxiété généralisée comme l'avait diagnostiqué une psychiatre citée par la défense -, Me Roux estime que l'athlète amputé des deux jambes en dessous du genou est rendu hypersensible par son handicap.

- 25 ans de prison? -

Celui-ci dit avoir entendu du bruit dans la salle de bain, saisi son arme en disant à Reeva d'appeler la police (sans obtenir de réponse). Il affirme y être allé prudemment sur ses moignons, avoir entendu du bruit dans les toilettes, pensé que quelqu'un allait sortir pour l'attaquer, crié à Reeva d'appeler à l'aide (sans obtenir de réponse) et avoir tiré.

"Je n'ai pas eu le temps de penser. J'ai entendu du bruit, j'ai pensé que quelqu'un était venu m'attaquer, donc j'ai tiré", a-t-il expliqué à la Cour en avril.

Ce n'est ni l'accusé ni son avocat qui aura le dernier mot mais le procureur car Gerrie Nel doit reprendre la parole après le plaidoyer de la défense, quitte à ce que la Cour joue les prolongations vendredi après-midi.

"Nous n'avons que deux jours pour faire notre travail", a rappelé la juge Thokozile Masipa jeudi matin.

Le père d'Oscar Pistorius, Henke, est présent à l'audience pour la première fois, de même que celui de Reeva, Barry Steenkamp.

En revanche, le frère aîné de l'accusé, Carl Pistorius, est absent.

Victime d'un accident de voiture dimanche, il "est toujours dans une unité de soins intensifs à cause de la gravité de ses blessures et toujours sous ventilation", a indiqué sa famille mercredi soir, faisant état de "signes de progrès".

La juge rendra son verdict à une date ultérieure, après une éventuelle négociation de la peine, mettant fin à un long feuilleton télévisé qui passionne --et divise-- les Sud-Africains depuis le 3 mars.

Oscar Pistorius risque une peine incompressible de vingt-cinq ans de prison s'il est reconnu coupable d'assassinat. La sentence sera plus légère si la préméditation est écartée, et il peut s'en tirer avec une simple mise à l'épreuve si la juge ne retient que l'homicide involontaire.

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