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Le premier malade infecté par Ebola rapatrié en Europe arrive en Espagne

07/08/2014 05:15 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

Le missionnaire espagnol infecté par Ebola est arrivé jeudi du Liberia à Madrid pour y être soigné, devenant la première personne infectée par le virus à être rapatriée en Europe alors que l'épidémie gagne en vigueur.

Un avion militaire médicalisé transportant Miguel Pajares Martin a atterri à 08H15 heures (06H15 GMT) sur la base aérienne de Torrejon de Ardoz, près de Madrid, a annoncé le ministère espagnol de la Défense.

Une autre missionnaire détentrice d'un passeport espagnol était aussi à bord de l'Airbus A310, avait indiqué un peu plus tôt le ministère sur son compte Twitter. Juliana Bohi, qui travaillait au Liberia dans le même hôpital que Miguel Pajares Martin, n'a pas été détectée porteuse du virus au Liberia.

"Si cela se confirme elle pourra sortir de l'hôpital", a affirmé jeudi dans une conférence de presse le responsable de la santé de la région de Madrid Francisco Javier Rodriguez.

Arrivés à Madrid, les deux patients "ont été transportés à l'hôpital dans une capsule" hermétique spéciale en plastique transparent. "Et ils sont pour l'heure isolés pour la sécurité des autres patients, des autres personnes", a-t-il ajouté.

"La sécurité des Espagnols est garantie", avait assuré la veille la directrice de la Santé Mercedes Vinuesa.

Les deux missionnaires étaient arrivés en ambulance et sous escorte policière dans un service spécialisé en maladies infectieuses de l'hôpital madrilène Carlos III, qui a été équipé pour accueillir ce type de patients dans des chambres confinées.

Il s'agit d'éviter tout risque de contagion du virus qui se transmet par contacts directs avec des fluides corporels comme le sang ou la sueur de malades qui présentent des symptômes.

"Quand on est arrivé, ça a été une odyssée. Les moyens pour tranporter les malades étaient peu adaptés et nous avons donc dû les couvrir avec des combinaisons spéciales", a raconté à la radio Cope le lieutenant-colonel Galo qui a mené la mission de rapatriement.

Face à l'épidémie qui ne cesse de s'étendre, le Liberia a décrété dans la nuit de mercredi à jeudi l'Etat d'urgence pour 90 jours. Le gouvernement avait déjà pris toute une série de dispositions exceptionnelles, dont la mise en congé forcé pour 30 jours des fonctionnaires non essentiels, la fermeture des écoles et la désinfection des lieux publics, sans parvenir à enrayer le virus.

"Le virus Ebola, les ramifications et les conséquences de la maladie, constituent à présent un trouble affectant l'existence, la sécurité et le bien-être de la République, représentant un danger clair et immédiat", a averti la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf.

L'épidémie d'Ebola, la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique depuis son apparition en 1976, a fait plus de 930 morts, dont la majorité en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone ou encore deux au Nigeria.

Le gouvernement nigérian espère profiter d'un traitement expérimental américain qui a permis d'atténuer rapidement chez deux patients les symptômes de la maladie à très fort taux de mortalité et contre laquelle n'existe aucun vaccin.

Mais le président américain Barack Obama s'est montré prudent sur la possibilité d'envoyer ce traitement en Afrique. "Je pense que nous devons laisser la science nous guider. Et je ne pense pas que nous ayons toutes les informations pour déterminer si ce médicament est efficace."

Les deux Américains - un médecin et une missionnaire - également atteints par le virus au Liberia où ils luttaient contre l'épidémie au sein d'une ONG humanitaire, avaient été rapatriés par avion sanitaire et admis dans des hôpitaux spécialement équipés à Atlanta dans le sud-est des Etats-Unis.

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