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La Chine veut museler les applications de messagerie instantanée

07/08/2014 06:16 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

Pékin a interdit aux usagers des applications de messagerie instantanée, comme WeChat, d'afficher publiquement des "informations politiques" sans autorisation, leur réclamant de surcroît de s'engager à "promouvoir le système socialiste", ont indiqué jeudi des médias d'Etat.

Alors que la Chine exerce un contrôle extrêmement étroit de l'internet, ses 632 millions d'internautes utilisent volontiers des applications de messagerie --essentiellement via leurs smartphones-- pour contourner la censure.

Mais les firmes proposant ces applications devront désormais s'assurer que leurs usagers s'enregistrent en fournissant leur véritable nom, a indiqué la télévision d'Etat CCTV, citant le Bureau national d'information sur l'internet (NIIO).

Les utilisateurs seront pas ailleurs sommés d'approuver "sept principes fondamentaux", notamment en s'engageant "à soutenir le système socialiste" --un euphémisme désignant le système à Parti unique dominé par les autorités communistes--, a ajouté CCTV.

Des centaines de millions de Chinois utilisent la plateforme de microblogs Weibo (équivalent local de Twitter) ainsi que le service de messagerie téléphonique WeChat.

Ce nouveau durcissement des contrôles semble viser particulièrement WeChat --dont l'application permet de partager des textes, photos, vidéos et messages vocaux.

Les individus ou entreprises qui possèdent des "comptes publics" sur des messageries comme WeChat ne pourront pas reposter ou mettre en ligne des "informations politiques", à moins d'en avoir obtenu l'autorisation officielle au préalable.

Par ailleurs, la création de nouveaux "comptes publics" -- c'est-à-dire des comptes capables d'envoyer simultanément un même message à un nombre important de destinataires-- sera désormais soumise à l'approbation des autorités.

Ces règles sont dévoilées alors que Pékin conduit depuis plusieurs mois une campagne médiatisée contre "les rumeurs" sur les réseaux sociaux, au cours de laquelle des centaines d'internautes ont déjà été arrêtés.

Certains ont écopé de lourdes peines: un blogueur au ton frondeur, Dong Rubin, très critique des responsables gouvernementaux de sa province du Yunnan (sud-ouest), a été condamné fin juillet à six ans et demi de prison pour "propagation de rumeurs".

Les organisations de défense des droits de l'homme ont quant à elles dénoncé une campagne très politique, visant à faire taire les voix dissidentes ou les activistes mettant en cause les dirigeants.

En mai, les autorités chinoises s'en étaient déjà prises aux comptes publics publiant des "messages d'actualités" sur WeChat, les accusant d'être de dangereux vecteurs de rumeurs. Plusieurs comptes de tendance libérale avaient alors été supprimés.

De façon générale, les autorités communistes bloquent nombre de sites et réseaux sociaux étrangers sur l'internet chinois, de Twitter à Facebook en passant par YouTube, usant d'un système de censure vaste et sophistiqué, appelé "grande muraille informatique".

tjh-jug/pt

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