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Ebola: des cas d'infection et de transmission aux Etats-Unis sont inévitables

07/08/2014 06:59 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

De hauts responsables sanitaires américains ont jugé inévitable jeudi que des personnes ayant voyagé dans les pays africains touchés par l'épidémie d'Ebola entrent infectées aux Etats-Unis, mais ils ne craignent pas pour autant une épidémie étendue dans le pays.

"Il est tout à fait possible que des personnes aux Etats-Unis ayant été sur le terrain (en Afrique) développent Ebola ici après avoir été exposées au virus ailleurs", a estimé Tom Frieden, le directeur des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), lors d'une audition devant une sous-commission de la Chambre des représentants.

Dans un avis diffusé jeudi soir, le département d'Etat a déconseillé aux Américains de se rendre au Liberia, l'un des trois pays les plus touchés par l'épidémie. La diplomatie américaine explique par ailleurs qu'elle a ordonné aux proches du personnel de son ambassade à Monrovia de quitter le pays.

"Nous vivons dans un monde où nous sommes tous connectés et, inévitablement, il y aura des voyageurs, des ressortissants américains et d'autres qui se rendront dans ces pays (...) et reviendront ici avec des symptômes", a poursuivi le patron des CDC.

Mais a-t-il affirmé, "nous sommes confiants qu'il n'y aura pas pour autant une épidémie étendue d'Ebola aux Etats-Unis car nous disposons des équipements pour mettre en quarantaine ces malades dans tous les grands hôpitaux".

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) a aussi dit jeudi matin sur la chaîne CNN qu'il "ne serait pas surpris" qu'il y ait des cas d'infection sur le sol américain. "Le grand public sera alors très inquiet, mais la réalité c'est que nous sommes vraiment bien équipés pour faire face à ce type d'infection", a-t-il insisté.

"Il faut appliquer rigoureusement les contrôles standards de l'infection", a expliqué le Dr Frieden au Congrès. Pour cela "nous avons transmis des instructions aux médecins et aux autres personnels médicaux pour identifier les symptômes, établir le diagnostic et traiter les malades", a-t-il précisé.

Ce responsable a rappelé qu'"Ebola n'est pas une infection très contagieuse comme la grippe". Le virus se transmet seulement par contact direct avec des fluides comme le sang d'une personne infectée ayant des symptômes.

Mais étant donné le taux de mortalité élevé --de 60 à 90%-- "un simple manquement peut être fatal, ce qui rend indispensable d'identifier rapidement des symptômes et de suivre strictement les recommandations pour contrôler l'infection", a insisté le directeur des CDC.

- "Possible d'arrêter cette épidémie"-

Les symptômes d'Ebola sont une forte fièvre, des maux de tête et des vomissements. La période d'incubation va de huit à dix jours et peut atteindre 21 jours ou être seulement de deux jours dans certains cas.

Les CDC ont déclenché mercredi leur alerte sanitaire maximum pour mobiliser toutes les ressources nécessaires afin de faire face au risque présenté par l'épidémie sans précédent d'Ebola qui a fait 932 morts et infectés plus de 1.700 personnes depuis mars au Liberia, au Sierra Leone, en Guinée et plus récemment au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique.

Le Dr Frieden a répété qu'il était "possible d'arrêter cette épidémie" en intervenant à sa source en Afrique où les CDC ont dépêché cinquante experts supplémentaires.

L'Organisation Mondiale de la Santé a mobilisé 100 millions de dollars pour répondre à cette menace et la Banque Mondiale a annoncé cette semaine qu'elle débloquerait 200 millions de dollars pour répondre à l'épidémie.

De son côté, Ken Isaacs, un responsable de l'organisation caritative chrétienne Samaritan's Purse a estimé jeudi devant la même sous-commission de la Chambre où a été entendu le Dr Frieden que le monde était mal préparé pour empêcher une propagation d'Ebola.

"Il est évident que l'infection est hors de contrôle en Afrique de l'ouest", a-t-il dit, jugeant que "la réponse internationale est un échec".

Cette organisation a organisé le rapatriement sanitaire aux Etats-Unis du Dr Kent Brantly et de la missionnaire Nancy Writebol, les deux Américains qui ont contracté Ebola au Liberia où ils travaillaient.

Le virus Ebola est apparu en 1976 en Afrique et n'avait infecté avant cette épidémie qu'un petit nombre de personnes.

js/gde

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