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Crash au Mali: l'avion, en zone orageuse, a viré à gauche avant de s'écraser

07/08/2014 10:51 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

L'avion d'Air Algérie, qui s'est écrasé au Mali le 24 juillet, a été pulvérisé à son impact au sol après avoir perdu de la vitesse et viré à gauche pour une raison encore indéterminée alors qu'il traversait une zone orageuse, selon les premiers éléments de l'enquête.

Le Bureau français d'enquêtes et analyses (BEA), chargé de l'enquête technique par les autorités maliennes, a présenté jeudi lors d'une conférence de presse les premiers résultats de l'enquête sur les circonstances du crash, annonçant d'emblée que les enregistrements des conversations de l'équipage étaient pour l'instant "inexploitables" en raison du dysfonctionnement d'une boîte noire.

"Malheureusement, les enregistrements se révèlent à ce jour inexploitables en raison vraisemblablement d'un défaut de fonctionnement sans lien avec les dommages résultant de l'accident", a déclaré le directeur du BEA Rémi Jouty.

Immatriculé EC-LTV, le McDonnell Douglas MD83, qui devait relier Ouagadougou à Alger, s'est écrasé le dans le nord du Mali, faisant 116 morts dont 54 Français (pour certains binationaux), 23 Burkinabés, huit Libanais et six Algériens. Les six membres de l'équipage, tous Espagnols, ont été tuées.

Les enquêteurs du BEA, un organisme public à la compétence internationalement reconnue, ont été désignés juste après le crash par les autorités maliennes pour prendre en charge l'enquête technique.

Le BEA a réceptionné le 28 juillet les deux enregistreurs de vol du MD-83 accidenté, les fameuses "boîtes noires".

La première, qui a enregistré les paramètres du vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc.) de l'avion, a pu être lue le jour même.

En revanche, pour la seconde, "la bande magnétique a été un peu endommagée", a révélé M. Jouty. "Il y a du signal sonore enregistré sur la bande mais ce signal est inintelligible à ce stade", a-t-il expliqué. Le BEA a souligné s'être tourné "vers les meilleurs experts" pour tenter de lire le signal.

Selon les éléments d'ores et déjà établis par les enquêteurs, l'appareil, loué auprès de la société espagnole SwiftAir, a traversé une zone orageuse et s'est écrasé environ 32 minutes après son décollage.

"Quand on voit la trajectoire, cela conduit à penser que l'avion ne s'est pas désintégré en plusieurs morceaux en vol", a précisé M. Jouty.

"Je ne pense pas que l'on puisse à ce stade exclure la thèse d'une action délibérée, mais on ne peut pas en dire plus pour l'instant", a-t-il toutefois ajouté.

-rapport d'étape mi-septembre-

"La trajectoire de l'avion (...) fait apparaître une montée et un début de croisière normal, avec des changements de route modérés, typiques d'une stratégie d'évitement des développements orageux", a expliqué Rémi Jouty.

L'avion avait décollé de Ouagadougou à 1h15, heure locale. "Environ deux minutes après le début de la croisière (...) la vitesse a diminué progressivement", a détaillé le BEA.

Puis, l'avion est parti en virage à gauche avant de perdre rapidement de l'altitude, "avec des changements d'inclinaison et d'assiette très importants".

"La rotation vers la gauche continue jusqu'à la fin de l'enregistrement. Et le dernier point enregistré, à 1H47mn15s, correspond à une altitude de 1.600 pieds (490 mètres), une vitesse de 380 noeuds environ (740 km/h) et une vitesse de descente extrêmement importante", a ajouté le BEA.

Le BEA mène une enquête purement technique qui n'a pas pour but de rechercher et de déterminer les responsabilités pénales, du ressort de la justice.

Sur le plan judiciaire, trois enquêtes ont été ouvertes: au Mali, en France et au Burkina Faso.

Mercredi, les gendarmes français, envoyés sur la zone d'accident dans le nord-est du Mali pour collecter notamment les restes humains à des fins d'identification des victimes, sont rentrés en France.

Avec leurs collègues maliens, espagnols et algériens, ils ont passé une semaine à ratisser le site, proche de la ville de Gossi, à environ 150 kilomètres de Gao.

"Nous avons procédé à un peu plus de 1.000 prélèvements. Scientifiquement, nous avons une forte probabilité d'identifier toutes les personnes", a assuré le colonel de gendarmerie Patrick Touron.

Selon lui, "l'avion est tombé avec une très grande vitesse verticale, parce qu'il s'est littéralement pulvérisé". "Le choc a été quasi instantané", a-t-il estimé.

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