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Congo: un envoyé de l'ONU a un plan pour en finir avec les violences dans l'est

07/08/2014 07:42 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

NATIONS UNIES, États-Unis - Le plus important émissaire des Nations unies en République démocratique du Congo a indiqué, jeudi, que la clé pour obtenir la paix dans l'est du pays consistait à désarmer les quelque 1500 combattants qui font toujours partie des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe formé par des extrémistes hutus ayant participé au génocide de 1994, avant de fuir en franchissant la frontière entre les deux pays.

Martin Kobler a déclaré au Conseil de sécurité de l'ONU que la situation s'était largement améliorée dans l'est du Congo depuis un an, mais que la situation était toujours fragile. Selon lui, la fin des FDLR sera un «moment charnière» qui modifiera «fondamentalement» la situation sécuritaire dans l'est du Congo et dans l'ensemble de la région.

M. Kobler a ajouté que si cette démarche est réalisée correctement, les gains seront évidents: la paix, la stabilité et la prospérité pour une population «qui a tant souffert». Il suffirait cependant que des erreurs soient commises pour que le conflit se poursuive, a-t-il prévenu.

L'est du Congo abrite une myriade de groupes armés et de milices, plusieurs s'affrontant pour contrôler les vastes ressources minières de la région. Si le conflit est principalement le résultat d'un débordement d'hommes armés provenant du Rwanda, on compte aussi des rebelles provenant du Burundi et de l'Ouganda.

En février 2013, le gouvernement congolais et 10 autres pays africains, dont le Rwanda et l'Ouganda, ont pris les mesures les plus concertées jusqu'à maintenant pour obtenir la paix au Congo en signant une entente consistant à ne pas interférer dans leurs affaires internes mutuelles et à ne pas abriter de groupes armés.

Selon M. Kobler, en août 2013, le groupe rebelle M23 «cognait aux portes» de Goma, la plus grande ville de l'est du Congo, et les attaques des FDLR et d'autres groupes rebelles étaient en hausse. Aujourd'hui, a-t-il dit, le M23 «n'existe plus». Il a ajouté que l'armée congolaise, «au prix de lourdes pertes», avait également réduit les Forces démocratiques alliées, un groupe rebelle ougandais, «à une ombre d'elles-mêmes».

«Nous en sommes à la fin», a dit M. Kobler. Ce dernier a d'ailleurs critiqué les FDLR pour avoir refusé de transférer les premiers groupes de combattants ayant volontairement déposé les armes à l'extérieur de camps temporaires, ce qui empêche d'autres désarmements.

Il a également salué l'accord du président congolais, Joseph Kabila, visant à mener des actions militaires conjointes si nécessaire.

Quant à l'ambassadeur du Rwanda aux Nations unies, Eugene Gasana, il a accusé les FDLR de continuer de recruter des combattants, y compris des enfants, et a appuyé les démarches de «pression militaire» comme seule solution pour obtenir le désarmement des derniers combattants.

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