POLITIQUE

Anticosti : les retombées locales de l'exploration pétrolière

07/08/2014 02:53 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT
AFP

Au cours des trois prochaines années, le gouvernement du Québec, la compagnie Pétrolia et ses partenaires investiront quelque 100 millions de dollars pour déterminer le potentiel pétrolier du sous-sol de l'île d'Anticosti. Si la première phase des travaux exploratoires génère un certain essor économique au village de Port-Menier, les Anticostiens sont conscients que cette reprise ne pourrait être qu'éphémère.

L'économie de l'île d'Anticosti s'est essoufflée au cours des 20 dernières années. Il y a désormais moins de 200 résidents à Port-Menier, le seul village de l'île, tandis qu'il y en avait 800 à la fin des années 1920. 

Chaque hiver, les rares entrepreneurs d'Anticosti se demandent s'ils auront des contrats au printemps. C'est le cas de la famille Hébert, propriétaire d'une compagnie de machinerie lourde.

« Il y a toujours une demande pour la machinerie. Ça suit son cours, dit Mireille Hébert. C'est sûr qu'il y a des années plus grosses que d'autres, mais on n'a pas peur. L'hiver, ça devient mort, et on attend au printemps. On ne peut pas planifier. »

Selon Pétrolia, 2 millions de dollars seront dépensés sur l'île cette année. « On a pris la machinerie lourde qui existe déjà pour la préparation des sites », indique le président-directeur général Alexandre Gagnon, ajoutant que la compagnie sollicite les services locaux de la Sépaq et de la pourvoirie du lac Geneviève pour l'hébergement des travailleurs.

« On essaie le plus possible de s'approvisionner avec la coopérative locale pour ce qui est de l'essence », mentionne-t-il aussi.

Pour l'instant, la Coopérative de consommation ne note pas d'augmentation significative de son chiffre d'affaires, selon son directeur général, Jean Thivierge. « À court terme, il n'y a pas vraiment d'impact », dit-il, soulignant toutefois que les recettes ont augmenté de quelque 50 000 $.

D'autres entreprises québécoises participent aux travaux. Le Groupe Desgagnés a transporté le matériel de forage sur l'île. Pour leur part, les compagnies Fordia, de Montréal, et Forages de l'Est, de Rimouski, fournissent de l'équipement spécialisé et mènent une partie des opérations.

Les Anticostiens savent que cette relance est fragile. « Ça peut être très sporadique, estime le maire Jean-François Boudreault. L'an prochain, il n'est pas dit qu'il va y avoir des travaux d'exploration. Il y a une étude environnementale avant. »

Malgré l'activité sur l'île, l'incertitude risque donc de planer encore cet hiver à Port-Menier pour les entrepreneurs. Le gouvernement du Québec décidera au printemps 2015 s'il autorise ou non la poursuite des travaux d'exploration pétrolière.

D'après le reportage de William Phénix. 

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L'île d'Anticosti vue par le photographe Marc Lafrance