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Alitalia-Etihad : noces annoncées pour vendredi, possibles perturbations sociales

07/08/2014 02:20 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

Le mariage entre les compagnies italienne Alitalia et émiratie Etihad devrait avoir lieu vendredi, une fois réglés les derniers détails de l'accord, mais la signature pourrait donner lieu à un mouvement de protestations de la part des employés à Rome.

"La rencontre avec le gouvernement s'est très bien passée, aujourd'hui on met au point les derniers détails et demain après-midi on signe", a déclaré à des journalistes le ministre italien des Transports, Maurizio Lupi, en sortant d'un entretien avec le patron d'Etihad, James Hogan, arrivé mardi à Rome.

Selon le ministre, "après le très bon travail fait ces derniers jours", l'entrée prévue d'Etihad au capital d'Alitalia à hauteur de 49% sera "une injection de confiance pour le pays".

Il s'est également déclaré "confiant" quant à la perspective de l'examen de la transaction par les autorités européennes alors que plusieurs concurrents d'Alitalia se sont déjà plaints d'atteinte à la concurrence.

De leur côté, les services du Premier ministre Matteo Renzi ont confirmé dans un communiqué "le résultat positif pour les négociations" entre les deux "promis".

Le gouvernement a souligné "la satisfaction réciproque" des parties en présence, à l'issue d'une réunion jeudi matin au siège du gouvernement à laquelle participaient le bras droit de M. Renzi, Graziano Delrio, M. Lupi, des dirigeants du ministère de l'Economie, M. Hogan et ses principaux collaborateurs.

Un conseil d'administration d'Alitalia était prévu dans la soirée pour valider le texte final, après environ huit mois de négociations parfois tendues entre toutes les parties impliquées, actionnaires, créanciers, gouvernement et syndicats.

Si elle a lieu, la signature du contrat vendredi pourrait cependant s'accompagner de protestations de la part d'employés d'Alitalia mécontents des suppressions de postes prévues dans le cadre de l'alliance. Ces derniers jours, les bagagistes et le personnel d'entretien ont provoqué des perturbations à Fiumicino, le principal aéroport de Rome, entraînant des retards de vols et des accumulations de bagages. Le président de l'Autorité nationale de l'aviation civile (ENAC), Vito Riggio, a dénoncé jeudi une "situation inacceptable".

Par ailleurs, un grand nombre d'employés des services techniques d'Alitalia prévoient de présenter des certificats médicaux les exemptant de travail ce week-end, ce qui pourrait provoquer une absence massive et entraîner de graves perturbations, a indiqué la Commission de garantie de la grève, une autorité indépendante chargée de garantir la bonne application du droit de grève.

Une telle action pourrait conduire à une "paralysie" à Fiumicino et dans un tel cas ne serait "ni acceptable ni tolérable", a réagi M. Lupi, annonçant des contrôles sur les certificats médicaux.

Etihad devrait injecter près de 600 millions d'euros dans Alitalia, mais ne prendra pas plus de 49% du capital pour que l'ancienne compagnie monopolistique italienne puisse conserver son statut de transporteur européen et les avantages qui en découlent notamment pour l'obtention de créneaux horaires.

Faute d'accord, Alitalia, lourdement déficitaire et très endettée, risquait la faillite dans les mois à venir. Malgré les tensions sociales provoquées, les actuels dirigeants de la compagnie ont donné leur accord à une partie des conditions d'Etihad, à savoir de nouvelles suppressions d'emplois : un peu plus de 1.600 postes sur environ 13.000 au total.

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