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Vol de cocaïne au siège de la police parisienne : le policier suspect inculpé

06/08/2014 03:06 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Le policier de 33 ans, soupçonné d'avoir volé 52 kg de cocaïne au légendaire "36 quai des Orfèvres", siège de la Police judiciaire (PJ) à Paris, a été mis en examen (inculpé) mercredi en fin de journée par un juge d'instruction.

Il est poursuivi pour détournement ou soustraction de biens par une personne dépositaire de l'autorité publique, transport, détention, offre, cession de drogue, ainsi que blanchiment de trafic de stupéfiants en bande organisée.

Le parquet a requis son placement en détention et un magistrat spécialisé devait statuer sur ce point dans la soirée.

Un de ses collègues, âgé d'une trentaine d'années, a en revanche échappé à la mise en examen, sortant du bureau du juge sous le statut de témoin assisté (intermédiaire entre simple témoin et inculpé).

Arrêté samedi à Perpignan (sud de la France) alors qu'il faisait des courses en famille, le brigadier, "bien noté", en poste à la brigade des stupéfiants depuis plusieurs années, a nié les faits pendant ses quatre jours de garde à vue. Il a également refusé de se soumettre à un test de dépistage de consommation de stupéfiants.

La drogue, d'une valeur marchande de deux millions d'euros à la revente selon les enquêteurs, n'a pas été retrouvée. Entreposée depuis le 4 juillet 2014 dans la salle des scellés de la Brigade des stupéfiants, sa disparition a été constatée le 31 juillet au matin.

La somme de 16.020 euros a été saisie dans le sac que portait le policier au moment de son interpellation, ainsi que 8.790 euros à son domicile parisien, selon le parquet de Paris.

Originaire de Perpignan, où il a été interpellé alors qu'il était en vacances, le brigadier a affirmé avoir gagné cet argent en jouant à des jeux en ligne. Pour le reste, il s'est tu.

- Mode opératoire surprenant -

Entendue comme témoin sur le train de vie du couple et les espèces saisies, sa femme a déclaré ne pas être au courant des activités de son mari, selon une source policière.

Le brigadier se serait rendu dans la salle des scellés "sous des prétextes futiles" avant le vol commis dans la nuit du 24 au 25 juillet. Cette nuit-là, il avait été vu ressortant du "36" par une femme policier en faction, avec de gros sacs.

Un mode opératoire qui intrigue les enquêteurs de la "police des polices", le brigadier étant parfaitement placé pour savoir qu'il serait facile de retrouver la trace de qui s'emparerait de drogues placées sous scellés.

Reste à savoir comment le suspect, qui aurait agi seul au moment du vol, a obtenu la clé qui permet l'ouverture de la porte blindée de la salle des scellés.

Seules deux personnes ont cette clé, le chef d'état-major et le chef de la brigade des stupéfiants.

Selon des sources proches du dossier, à l'occasion d'une perquisition, les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont par ailleurs trouvé 200 kg de résine de cannabis dans un box voisin de celui que loue un des deux policiers et qu'ils venaient de fouiller.

Rien ne démontre que les deux affaires sont liées et que ce box où a été trouvée la drogue était loué par un des policiers.

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