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Soudan: élections en avril 2015 malgré des réserves dans l'opposition

06/08/2014 09:58 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Le Soudan tiendra en avril 2015 des élections générales, a confirmé mercredi la commission chargée de l'organisation du scrutin, en dépit des réserves exprimées au sein de l'opposition qui estime que le vote lui est imposé.

Il n'est pas encore clair si le président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989 et sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour crimes de guerre présumés au Darfour (ouest), briguera un nouveau mandat.

Les élections, présidentielle, législatives, locales, seront les deuxièmes depuis qu'il a pris le pouvoir par le biais d'un coup d'Etat soutenu par la mouvance islamiste.

L'opposition avait boycotté les élections de 2010 qui, selon les observateurs, n'avaient pas répondu aux normes internationales.

"Nous annonçons les dates pour les élections de 2015 car il s'agit d'un engagement constitutionnel", a expliqué devant la presse Moukhtar Al-Assam, chef de la Commission électorale nationale, précisant que le vote aurait lieu le 2 avril.

"Nous voulons avoir des élections transparentes et équitables", a-t-il ajouté, affirmant que les observateurs locaux ou étrangers seraient les bienvenus.

L'annonce des candidatures se fera à partir du 31 décembre, et sera suivie par une campagne qui s'étendra du 13 février au 30 mars.

En début de semaine, un important parti de l'opposition, Réforme maintenant, ainsi que plusieurs petites formations politiques avaient affirmé qu'ils n'étaient pas engagés par cette élection.

Ils réclament en effet que le scrutin fasse l'objet d'un accord dans le cadre du "dialogue national", lancé par le président Béchir en janvier pour tenter de régler les crises multiples qui secouent ce pays appauvri et ravagé par les guerres.

Réforme maintenant et les autres partis ont pris part aux réunions préparatoires de ce dialogue avec le président Béchir, mais ils ont réclamé des discussions sur le scrutin avant de pouvoir poursuivre le dialogue.

Ils réclament également une "administration transitoire" pour la mise en oeuvre, pendant une période de deux ans, des résultats du dialogue.

Le président Béchir avait appelé à un "dialogue national" pour répondre à la volonté de changement exprimée notamment lors d'un important mouvement de contestation en septembre.

Des arrestations d'opposants et la censure de la presse ont cependant soulevé des questions quant à la volonté du gouvernement d'engager de véritables réformes.

Le journal anglophone Citizen a estimé dans un éditorial que le Parti du congrès national (NCP, au pouvoir) "n'a apparemment pas tiré les leçons du passé" et organise, une fois de plus, des élections "unilatérales".

Avec le gouvernement qui se bat contre des rebelles dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil bleu, d'autres violences dans le Darfour et une économie en berne, le contexte est complètement différent par rapport à 2010, indique le journal.

"De telles élections ne feront rien d'autre que compliquer la situation", ajoute-t-il.

Les élections de 2010 s'étaient tenues conformément à l'accord de paix qui avait mis fin en 2005 à 21 ans de guerre civile entre le nord et le sud du pays et qui conduit à l'indépendance du Sud en 2011.

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