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RDC: l'ONU veut une enquête judiciaire sur le chef de l'armée de terre blanchi

06/08/2014 01:24 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

L'ONU a estimé mercredi qu'il y avait "toujours un besoin" d'ouvrir une enquête judiciaire pour vérifier les accusations de trafic d'armes dont a été blanchi le général Gabriel Amisi, chef d'état-major de l'armée de terre en République démocratique du Congo.

"Il n'y a pas eu (...) à notre connaissance une enquête judiciaire, de nature judiciaire, pour enquêter sur les allégations (...). Il y a toujours un besoin, de notre point de vue, d'initier cette enquête judiciaire", a insisté Scott Campbell, responsable des droits de l'Homme pour l'ONU en RDC.

Le 15 novembre 2012, un groupe d'experts de l'ONU a publié un rapport expliquant que le général Amisi, surnommé "Tango Fort", "contrôlait un réseau de distribution de munitions de chasse à destination de braconniers et de groupes par armés" dans l'Est de la RDC.

Le président Joseph Kabila l'a suspendu le 22 novembre 2012. Le 28 février 2013, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a fait part à la ministre de la Justice de la "nécessité d'initier une enquête judiciaire", a rappelé M. Campbell, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse.

La responsable onusienne estimait que cette enquête devait concerner des allégations "de violations graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire", dont le général Amisi se serait rendu directement ou indirectement responsable.

Selon elle, il fallait dans la foulée se pencher sur des violations graves des droits de l'homme commises en mai 2002 à Kisangani (Nord-Est), alors que le général Amisi était un responsable au sein de la rébellion Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

Mi-mai 2002, il aurait participé au massacre de civils opposés à l'occupation les rebelles, selon des défenseurs des droits de l'Homme. Les exactions perpétrées à l'époque ont fait l'objet de deux rapports publics adressés au Conseil de Sécurité en 2002 et 2003.

L'ONG Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) avait aussi saisi le ministère de la Justice pour une enquête "indépendante, impartiale et exhaustive". Lundi, elle a regretté que le général a été blanchi après l'enquête d'une commission "composée notamment des membres des FARDC (armée congolaise)".

hab/thm

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