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Le procès Pistorius à l'heure du réquisitoire

06/08/2014 10:00 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Le procès du champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius, accusé du meurtre de sa petite amie en 2013, reprend ce jeudi à Pretoria avec le réquisitoire du procureur Gerrie Nel, qui sera suivie par la plaidoirie de la défense.

"Les arguments ont déjà été transmis à la juge. Nous ne les lirons pas page par page. Il (Gerrie Nel) va lire certains passages qu'il veut mettre en exergue devant la Cour, et la juge pourra également poser des questions", a expliqué à l'AFP l'assistante du procureur, Andrea Johnson.

Le parquet estime que le sportif a sciemment abattu son amie Reeva Steenkamp, un mannequin de 29 ans, au petit matin du 14 février 2013. Ils se seraient disputés, selon le procureur, et, fuyant sa colère, Reeva se serait réfugiée dans les toilettes, sur la porte desquelles il a tiré quatre balles d'une arme hyper-puissante.

"En fait, vous saviez que Reeva était derrière la porte, et vous avez tiré sur elle. C'est la seule chose plausible", avait lancé Gerrie Nel en avril, pendant l'éprouvant interrogatoire de l'accusé. "Elle n'avait pas peur d'un intrus, elle avait peur de vous!"

La parole reviendra à la défense, a priori vendredi (mais peut-être dès jeudi, si Gerrie Nel est rapide). Barry Roux, le principal avocat d'Oscar Pistorius rappellera que l'athlète plaide non coupable.

Oscar Pistorius, 27 ans, affirme avoir tué son amie par erreur, croyant ouvrir le feu sur un cambrioleur caché dans les toilettes, en pleine nuit.

Si une expertise a retenu qu'il était responsable de ses actes --et ne souffre pas de désordre d'anxiété généralisée comme l'avait diagnostiqué une psychiatre citée par la défense--, Me Roux estime que l'athlète double amputé est rendu hypersensible par son handicap.

Celui-ci dit avoir entendu du bruit dans la salle de bain, saisi son arme en disant à Reeva d'appeler la police (sans obtenir de réponse). Il affirme y être allé prudemment sur ses moignons, avoir entendu du bruit dans les toilettes, pensé que quelqu'un allait sortir pour l'attaquer, crié à Reeva d'appeler à l'aide (sans obtenir de réponse) et avoir tiré.

"Je n'ai pas eu le temps de penser. J'ai entendu du bruit, j'ai pensé que quelqu'un était venu m'attaquer, donc j'ai tiré", a-t-il expliqué à la Cour en avril.

Ce n'est ni l'accusé ni son avocat qui aura le dernier mot, mais le procureur Gerrie Nel, quitte à ce que la Cour joue les prolongations vendredi après-midi.

La juge Thokozile Masipa indiquera enfin quand elle compte rendre son jugement. "Elle ne nous a donné aucune indication quant à une date", a noté Andrea Johnson.

La juge rendra son verdict à une date ultérieure, après une éventuelle négociation de la peine, mettant fin à un long feuilleton télévisé qui passionne --et divise-- les Sud-Africains depuis le 3 mars.

Oscar Pistorius risque une peine incompressible de vingt-cinq ans de prison s'il est reconnu coupable d'assassinat. La sentence sera plus légère si la préméditation est écartée, et il peut s'en tirer avec une simple mise à l'épreuve si la juge ne retient que l'homicide involontaire.

Il pourra éventuellement demander à faire appel, d'abord à la juge Thokozile Masipa et en cas de refus à un tribunal spécial. Si appel il y a, on ne recommencera pas à zéro, mais la Cour suprême d'appel de Bloemfontein (centre) examinera les minutes du procès pour déceler une éventuelle erreur de la juge.

En cas de condamnation lourde, la défense peut également tenter de faire annuler le procès pour vice de forme.

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