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France: Désormais, Monaco veut bousculer le Paris SG

06/08/2014 10:23 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Redevenu un club qui compte sur la scène internationale grâce à sa qualification pour la Ligue des champions et au transfert record de James Rodriguez au Real Madrid, Monaco entend désormais, avec une politique différente, contester la suprématie parisienne.

L'image du club promu, milliardaire, capable d'investir plus de 166 millions d'euros durant le mercato d'été 2013, ou capable d'embaucher Berbatov dans les heures suivant le diagnostic de la blessure de Falcao en janvier 2014, a vécu. La surface financière monégasque est aujourd'hui reconnue. Monaco s'est acheté une crédibilité. La première phase du développement d'une des principales vitrines de la Principauté a donc réussi.

Cet été, le vice-champion de France est entré dans une nouvelle phase de son évolution avec pour ambition de pérenniser les résultats et faire fructifier l'actif +joueurs+.

Alors que l'expérimenté Claudio Ranieri disait à qui voulait l'entendre que Monaco ne jouait pas dans la cour du Paris SG, le discours est désormais tout autre. Certes, il reste saupoudré d'une once d'humilité. Mais il fait surtout transpirer la véritable obsession de son président, Dmitry Rybolovlev: contester le leadership du club de la capitale.

- Casser les codes de +l'establishment+ -

Pour cela, comme préconisé par son conseiller sportif Luis Campos, le milliardaire russe a débarqué Ranieri et son staff, contre un chèque de cinq millions d'euros, pour aller chercher Leonardo Jardim au Sporting Portugal, contre cinq nouveaux millions. Portugais comme Campos, jeune (40 ans) aux méthodes nouvelles, Jardim a pour mission de monter une équipe capable de rivaliser avec les meilleures, et surtout de casser les codes de +l'establishment+ sportif européen pour s'y faire une place durable.

Pour ce faire, le club azuréen a décidé d'emprunter un autre chemin que celui des transferts systématiques de stars à prix d'or. Au club, on estime que la voie ouverte par le Real, Barcelone, Manchester City ou récemment, le PSG, n'est pas la seule à mener au succès.

D'ailleurs, les exemples du Borussia Dortmund et de l'Atletico Madrid en attestent. Celui de Porto également. Depuis que Monaco lui a recruté Moutinho et Rodriguez l'été dernier, ce club est même érigé en modèle chez certains.

Monaco doit être capable de rester très performant sur la scène française (qualification systématique pour la Ligue des champions) et européenne, tout en mettant en lumière de jeunes talents avant de les vendre, au compte-gouttes, avec une forte plus-value. Le transfert de Rodriguez, acheté 45 millions d'euros et lâché au Real pour le double un an plus tard, marque l'entrée dans cette ère.

- Rentabiliser les investissements -

Monaco n'hésite pas à investir sur les jeunes talents. Après Ocampos (20 ans/12 millions), Martial (18 ans/5), Kondogbia (21 ans/20), Bakayoko, 19 ans, a débarqué cette saison pour huit millions d'euros. Et ce n'est pas terminé. Trois joueurs (un gardien, un défenseur, un milieu) devraient prochainement arriver.

Monaco forme également. Chaque saison, de nombreux premiers contrats professionnels sont signés et les joueurs sont souvent prêtés. S'ils sont jugés aptes à servir le groupe, ils seront revalorisés. Après Kurzawa et Germain l'an dernier, ce fut récemment le cas de Ferreira Carrasco, prolongé jusqu'en 2019.

Car Rybolovlev agit en homme d'affaires avisé et pragmatique. Il entend voir son club être capable de se plier aux règles du fair-play financier imposé par l'UEFA. Il ne souhaite pas revivre, au niveau continental, les conflits hexagonaux, toujours latents. Car si le club a obtenu de verser 50 millions d'euros de dédommagement pour garder son siège social (et les avantages fiscaux afférents) en Principauté, un recours devant le Conseil d'État français, introduit par sept clubs (PSG, Marseille, Lille, Bordeaux, Montpellier, Lorient et Caen) reste en suspens.

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