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Dégâts et traumatisme à Donetsk après une frappe aérienne

06/08/2014 09:42 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Des cratères dans le bitume, des fenêtres et des toits soufflés: la première frappe aérienne sur Donetsk, le fief des rebelles dans l'est de l'Ukraine, a laissé son lot de destruction, et des habitants traumatisés.

"Pourquoi ont-ils fait ça?", s'interroge Olexandre, qui prend en photo les stigmates des explosions avec son téléphone portable.

Ce soudeur, qui vit dans le quartier, dit avoir d'abord entendu le bruit d'un bombardement. "Puis un avion est passé plus bas et il y a eu deux salves de missiles", poursuit-il.

La frappe, qui n'a pas fait de victime civile selon la mairie, a eu lieu autour de minuit dans la nuit de mardi à mercredi, dans une rue bordée essentiellement d'entrepôts et d'immeubles de bureaux. Selon un employé d'une entreprise sur place, les lieux pourraient abriter une base des séparatistes, dont le quartier général, en centre ville, se situe à sept kilomètres de là.

Les autorités ukrainiennes ont démenti toute responsabilité, se bornant à assurer qu'ils ne procédaient pas à ce type de frappes en zones habitées. Ils n'ont donné aucune autre explication sur les causes alors que les insurgés ne possèdent pas d'aviation.

L'essentiel des combats entre forces ukrainiennes et séparatistes dans Donetsk se concentre dans les quartiers périphériques, surtout sud-ouest, avec de nombreux tirs d'artillerie.

Les explosions ont creusé deux gros cratères dans le bitume, pour l'un d'eux d'une profondeur d'un mètre. Elles ont soufflé les fenêtres des bâtiments voisins et le toit de tôle d'un immeuble de bureau et d'un garage. Elles ont démoli l'entrée d'un complexe d'entrepôts.

Des pompiers et techniciens des services d'urgence s'activaient pour déplacer une canalisation de gaz rompu par l'explosion.

Une centaine de mètres plus loin, les journalistes ont pu voir un autre cratère dans la terre, le long de voies ferrées reliant une usine.

- 'Pourquoi ces souffrances ?'-

Depuis le centre-ville, des journalistes de l'AFP ont entendu dans la nuit un avion survolant Donetsk, puis plusieurs explosions.

"Nous avons entendu le vrombissement d'avions puis une explosion, je ne peux pas dire de quoi il s'agissait", assure de son côté un insurgé qui accompagne sur les lieux des observateurs de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Il dément la présence d'une base rebelle sur place.

Les avions "nous ont survolés deux fois", raconte de son côté Vladik, un habitant du quartier de 18 ans. "Après les frappes aériennes, nous avons entendu ce qui aurait pu être un tir antiaérien", poursuit-il, suggérant un tir de riposte.

Valentina Petrovna, qui vit dans une rue voisine, regarde l'un des cratères creusés dans le bitume. "Les gens dormaient déjà. Certains se sont précipités dans la rue. Nous, nous sommes descendus dans la cave et nous n'avons pas dormi de la nuit", déplore cette femme.

"J'ai appelé mon frère en Russie pour lui dire qu'ils avaient commencé à nous bombarder. J'ai déjà envoyé mes petits-enfants là-bas", poursuit-elle, fondant en larmes. "Quand est-ce que tout cela s'arrêtera? Pourquoi ces souffrances?"

am/gmo/neo/ml

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