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Brésil : une politique extérieure plus ferme en faveur de l'agriculture

06/08/2014 05:14 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Les principaux candidats à la présidentielle brésilienne du 5 octobre ont promis aux responsables du puissant secteur de l'agroalimentaire une politique extérieure plus ambitieuse et plus ferme en faveur de l'agriculture.

La présidente de gauche, Dilma Rousseff, en tête des intentions de vote, suivie par le social-démocrate Aecio Neves et le socialiste Eduardo Campos, ont tenté mercredi tour à tour de convaincre les grands producteurs et exportateurs de produits alimentaires devant la Confédération brésilienne de l'Agriculture (CNA).

"La politique extérieure sera basée sur le commerce et le pragmatisme et non plus sur de l'idéologie", a promis Aecio Neves, sénateur du Parti de la sociale démocratie brésilienne (PSDB, opposition).

Il a critiqué durement le manque d'accords internationaux avec le Mercosur.

Eduardo Campos, ex-gouverneur du Pernambouc (nord-est), a promis de s'efforcer à obtenir des accords internationaux. "Nous sommes prisonniers du manque de succès du Mercosur. Nous avons besoin d'une politique commerciale active, en quête de marchés, qui combatte les barrières techniques injustifiables aux produits brésiliens", a-t-il dit.

Cependant M. Campos se présente avec comme candidate à la vice-présidence la célèbre écologiste Marina Silva favorable à l'agriculture familiale plutôt qu'à l'industrie agroalimentaire et ne devrait donc pas s'attirer les faveurs de ce secteur.

La présidente Dilma Rousseff, du Parti des Travailleurs (PT) a, elle, annoncé que le Mercosur a déjà préparé sa liste de propositions pour un accord de libre échange avec l'Europe et a défendu une position plus ambitieuse du Brésil.

"Nous avons de plus en plus besoin d'une position aguerrie, sur de nouveaux marchés que nous ouvrons et pas seulement les traditionnels (Europe, Etats-Unis, Japon), mais aussi les émergents, Russie, Chine, Inde : ce sont les nouvelles frontières que nous devons capter", a dit la présidente.

Mme Rousseff et son adversaire M. Neves ont prôné une réforme de la politique de légalisation des terres indigènes, une demande du secteur agroalimentaire, alors que les colons ont occupé les terres ancestrales des Indiens au cours des dernières décennies.

Les Indiens brésiliens et le Mouvement des paysans sans terre (MST) accusent le gouvernement d'avoir paralysé la réforme agraire et la délimitation des terres indigènes, au bénéfice de l'industrie agroalimentaire.

Au Brésil (7e économie du monde), l'agriculture représente 20% du PIB, 44% des exportations et emploie près de 30% de la population active.

D'après le dernier sondage de l'Institut Ibope, Mme Rousseff caracole en tête avec 38% des intentions de vote, suivie par M. Neves (22%) et M. Campos (8%).

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