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Référendum en Écosse: premier débat télévisé à six semaines du référendum

05/08/2014 09:06 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
In this photo taken March 15, 2014 a man wears a multitude of 'yes' campaign badges during a pro-independence march in Edinburgh, Scotland for the upcoming vote on Scotland's independence from the United Kingdom. Scotland's swithering "middle million" has Britain's future in its hands. "Swithering" means wavering, and it's a word you hear a lot in Scotland right now. Six months from Tuesday, Scottish voters must decide whether their country should become independent, breaking up Great Britain as it has existed for 300 years. Faced with the historic choice, many find their hearts say "aye" but their heads say "why risk it?" Polls suggest as many as a quarter of Scotland's 4 million voters remain undecided, and their choice will determine the outcome. Many long to cut the tie binding them to England, but fear the risks _ and the financial fallout. (AP Photo/Jill Lawless)

Le premier débat télévisé opposant les dirigeants des deux camps du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse a lieu mardi soir à Glasgow à six semaines du vote, alors que les indépendantistes sont toujours très en retard dans les sondages.

Le tête-à-tête entre Alex Salmond, le Premier ministre écossais partisan de l'indépendance, et Alistair Darling, président de la campagne "Better Together" qui défend le maintien de l'Ecosse au sein du Royaume-Uni, sera diffusé en direct mardi à 20H00 sur STV, la chaîne de télévision écossaise. L'émission sera également regardable en direct sur internet.

Signe de l'enjeu de ce débat à un mois et demi du référendum du 18 septembre, les dirigeants des trois principaux partis du Parlement de Westminster, les Conservateurs, les Libéraux-Démocrates et les Travaillistes, tous opposés à l'indépendance écossaise, ont unifié mardi leur engagement de fournir des pouvoirs accrus au Parlement écossais en cas de maintien au sein du Royaume-Uni, après les élections générales de mai 2015.

Cet engagement, résumé par le leitmotiv "dévolution plutôt que séparation", avait déjà été formulé ces derniers mois par les antennes écossaises des trois partis.

Le conservateur David Cameron, le lib-Dem Nick Clegg et le travailliste Ed Miliband ont ainsi promis de "renforcer les pouvoirs du Parlement écossais en particulier dans les domaines de la responsabilité fiscale et de la sécurité sociale", peut-on lire dans leur déclaration commune.

-Le débat le plus important de la télévision écossaise-

"Nous soutenons un Parlement écossais fort au sein d'un Royaume-Uni fort et nous soutenons le renforcement des pouvoirs du Parlement", ont-ils martelé.

Cette annonce vise à mettre en difficulté le Premier ministre Alex Salmond, connu pour ses phrases chocs et ses talents d'orateur. Le président du SNP, le Parti national écossais, espère en effet convaincre les 16% d'Ecossais toujours indécis, selon les sondages.

Les données compilées par le Financial Times, qui fait la synthèse de tous les sondages, montrait fin juillet que 48% des quatre millions d'électeurs voteraient pour rester sous pavillon de l'Union Jack, contre 36% qui seraient pour l'indépendance.

"Ses partisans sont certains qu'il va massacrer Alistair Darling", a écrit mardi dans un éditorial le rédacteur en chef du Daily Telegraph Alan Cochrane.

"Mais je dois dire que c'est une conviction empreinte de désespoir, pour la simple raison que leur homme doit absolument gagner", a-t-il ajouté.

Sorti vainqueur du tirage au sort désignant l'ordre de prise de parole, le chef du gouvernement écossais sera le premier et le dernier à s'exprimer. Une position qui pourrait jouer en sa faveur. Il a prédit qu'Alistair Darling aurait "les chocottes" face à lui.

Sur la scène du Conservatoire royal d'Ecosse à Glasgow, les deux hommes, au style radicalement différent, vont débattre pendant deux heures avant de répondre aux questions posées par certaines des 350 personnes présentes dans le public.

"Quand il s'agit de rhétorique, il (Darling) est aussi mou qu'un bol de crème anglaise alors que Salmond est une bombe nucléaire", a déclaré à l'AFP Simon Lancester, ancienne plume du gouvernement de Tony Blair.

Le modérateur du débat Bernard Ponsonby a présenté ce face-à-face comme étant "le plus important organisé à la télévision en Ecosse" et "le plus notable dans la vie d'Alex Salmond et Alistair Darling".

Cela va leur permettre "de toucher un nombre impressionnant d'électeurs" alors qu'il aurait fallu "des bataillons de militants pendant des semaines pour les atteindre".

Ces derniers mois, le camp du "non", soutenu notamment par Hillary Clinton, Barack Obama, le Premier ministre chinois Li Keqiang ou J.K. Rowling, l'auteure britannique de la saga Harry Potter, a fait valoir qu'une Ecosse indépendante souffrirait notamment de grandes difficultés économiques.

Le camp indépendantiste répète quant à lui depuis des mois que l'Ecosse est "l'un des pays les plus riches du monde" et qu'elle a tout à gagner à se séparer du Royaume-Uni.

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