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La junte thaïlandaise interdit un jeu vidéo qui simule une dictature

05/08/2014 02:13 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

La junte thaïlandaise a interdit un jeu sur ordinateur qui permet notamment de mettre en place une dictature militaire sur une île paradisiaque fictive où coexistent "plages ensoleillées et corruption politique", ont indiqué mardi les autorités.

Le jeu de simulation Tropico 5 offre aux joueurs l'opportunité de construire leur propre forme de gouvernement sur cette île.

"Créez une utopie sociale où chaque citoyen est écouté et pris en compte - ou façonnez votre propre emprise tyrannique sur la Nation pour la transformer en mine d'or pour votre compte bancaire en Suisse", peut-on lire sur le site internet dédié au jeu.

"Tropico 5 a été interdit mais je ne peux pas vous donner la raison sans autorisation de notre directeur général", a simplement indiqué lundi à l'AFP un responsable du Bureau des vidéos et des films du ministère de la Culture.

New Era Interactive Media, distributeur en Thaïlande du jeu conçu par le bulgare Haemimont, a précisé avoir reçu lundi une lettre du ministère lui interdisant de vendre le produit dans le royaume.

Cette décision a été prise "parce que certaines parties des histoires dans le jeu affectent la situation en Thaïlande", a précisé à l'AFP Nonglak Sahavattanapong, responsable marketing de l'entreprise, se disant "déçue".

Elle n'a pas donné plus de détails sur les parties de l'histoire mises en cause, indiquant simplement que "les joueurs peuvent jouer le rôle de dirigeant d'un pays, ils peuvent choisir les systèmes de gouvernance".

L'île est "une terre d'opportunité: une page blanche où tout idéal politique ou folle inspiration est possible", selon le site Tropico5.com.

Depuis le coup d'Etat du 22 mai, la junte, qui a exclu des élections avant l'automne 2015, a suspendu la démocratie et largement limité les libertés individuelles, interdisant les manifestations et imposant un strict contrôle des médias.

La junte a dans le même temps lancé une campagne pour "rendre le bonheur au peuple", faite de concerts et autres festivités.

Elle a expliqué avoir pris le pouvoir pour mettre un terme à sept mois de manifestations meurtrières contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra, soeur de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé par le précédent putsch en 2006.

Mais certains accusent l'armée d'avoir utilisé cette situation comme prétexte pour se débarrasser de l'influence de Thaksin, qui reste malgré son exil la figure de division du royaume.

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