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Gaza: un cessez-le-feu de 72 heures accepté par Israël et le Hamas

04/08/2014 04:24 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Smoke rises after an Israeli airstrike in Gaza City, Sunday, Aug. 3, 2014. (AP Photo/Dusan Vranic)

Les armes se taisaient mardi matin après presque un mois de guerre dans la bande de Gaza, à la faveur d'un cessez-le-feu accepté à la fois par Israël et le Hamas et d'un retrait total des troupes israéliennes au sol.

Le cessez-le-feu obtenu avec la médiation égyptienne et américaine est entré en vigueur à 08H00 (05H00 GMT) et a priori pour 72 heures. Des discussions doivent à présent s'ouvrir pour une paix plus durable.

Qautre heures après l'instauration de la trêve, le territoire dévasté semblait n'avoir encore jamais connu autant de calme depuis le début de la guerre le 8 juillet.

L'armée israélienne, elle, a retiré la totalité de ses troupes. "Toutes nos forces sont sorties de Gaza", a dit le général Moti Almoz à la radio militaire.

Dans les dernières minutes avant l'instauration de la trêve au 29e jour de guerre, les deux ennemis se sont livrés à une démonstration de leurs forces respectives.

Les combattants palestiniens ont lancé leurs roquettes vers une dizaine de villes israéliennes, tandis que l'aviation israélienne menait une série de raids aériens (au moins cinq selon des correspondants de l'AFP) contre plusieurs localités de la bande de Gaza, ont rapporté une porte-parole de l'armée et la branche armée du Hamas.

Ces derniers raids aériens n'ont pas fait de blessé côté palestinien, ont précisé les secours locaux.

Les sirènes d'alerte ont retenti à Jérusalem et Tel-Aviv et des déflagrations étaient entendues aux alentours.

Toutes les trêves précédentes ont volé en éclats, y compris la seule acceptée par Israël et l'organisation islamiste vendredi. Elle s'est transformée en un bain de sang.

- Israël ripostera à toute attaque -

Mais le retrait des soldats israéliens devrait favoriser le respect de la dernière en date, même si l'armée israélienne a pris soin de préciser qu'elle "riposterait à toute attaque".

Les banques devaient rouvrir quelques heures à Gaza et, près de Beit Hanoun, au nord de l'enclave, des dizaines de Palestiniens rentraient en voitures et en charrettes tirées par des ânes, dans des zones qu'ils avaient reçu l'ordre de quitter par l'armée israélienne. Ils y ont mesuré l'étendue des dégâts.

Rafat al-Masri, père de cinq enfants, n'a retrouvé que des ruines. "J'ai travaillé 40 ans pour cette maison. Elle est complètement détruite. Il ne reste rien, plus de murs, plus de cuisine. Tout est démoli", se lamentait-il.

La nuit précédant le cessez-le-feu a été la plus calme de la guerre, ont constaté les correspondants de l'AFP sur place. Les secours, habitués à compter les morts par dizaines chaque jour depuis le début des hostilités, rapportaient deux morts mardi matin, des victimes ayant succombé aux blessures de la veille.

Après les frappes aériennes déclenchées le 8 juillet, les forces terrestres israéliennes sont entrées le 17 juillet dans le territoire surpeuplé pour faire cesser les tirs de roquettes du Hamas sur Israël et démanteler le réseau de souterrains permettant aux Palestiniens de mener des incursions en Israël.

L'armée israélienne a achevé dans la nuit sa mission de destruction de tunnels, brandie comme la principale raison pour déployer les troupes au sol, a dit son porte-parole.

Elle a tué environ "900 terroristes" en un mois, a-t-il assuré.

Selon les secours locaux et les organisations humanitaires, ce sont très majoritairement des civils, y compris des centaines d'enfants et de mineurs, qui ont péri sous les bombes et les obus israéliens.

- Une trêve durable ? -

Au total, plus de 1.850 Palestiniens ont été tués, selon les secours locaux. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont trouvé la mort.

Cette hécatombe a suscité l'émoi international et des appels de plus en plus pressants à un cessez-le-feu provisoire permettant de négocier une trêve plus durable.

Israël et le Hamas ont fini par accepter lundi soir la proposition de trêve du Caire, le voisin et habituel médiateur des conflits entre Israël et l'organisation islamiste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

Les Israéliens n'ont pas participé physiquement aux négociations conduisant au cessez-le-feu. Ils ont refusé après la rupture de la trêve de vendredi de se rendre, même pour des discussions séparées, au Caire où une délégation palestinienne se trouvait depuis samedi.

Mais "de plus amples négociations" doivent à présent avoir lieu, a annoncé un responsable égyptien. Et une délégation israélienne se rendra bien cette fois dans la capitale égyptienne, a déclaré lundi soir un responsable israélien à l'AFP.

Mais la plus grande défiance reste de mise de part et d'autre.

- Un compromis difficile à trouver -

Pour l'instant, l'accord de cessez-le-feu "ne prévoit que le retour au calme", a averti auprès de l'AFP Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, saluant la trêve, a pressé les belligérants de la respecter.

Les deux parties vont entamer les négociations avec des exigences difficilement conciliables. Le Hamas réclame ainsi la levée du blocus israélien qui étouffe l'économie d'un territoire de 41 kilomètres de long sur 12 de large au maximum, sur lequel s'entassent 1,8 millions de personnes.

La délégation palestinienne, composée de représentants du Hamas, du Jihad islamique et de l'Autorité palestinienne, s'est entendue dimanche au Caire sur une série d'exigences, outre la levée du blocus: l'ouverture des points de passage aux frontières, l'élargissement de la zone de pêche autorisée à 12 miles nautiques et la libération de prisonniers palestiniens.

Israël, de son côté, martèle son impératif de sécurité. L'armée israélienne estime que le Hamas et ses alliés ont encore 3.000 roquettes.

Une exigence récemment brandie par Israël s'annonce comme un obstacle considérable: que la reconstruction de la bande de Gaza soit liée à sa démilitarisation.

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