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Formule 1 - A 83 ans, Bernie Ecclestone repart pour un tour

05/08/2014 09:12 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

C'est un énième rebondissement spectaculaire dans la vie de Bernie Ecclestone, le grand argentier de la Formule 1: son procès pour corruption, ouvert en avril par le tribunal de Munich, s'est terminé mardi par la promesse de verser 100 millions de dollars (75 millions d'euros).

Ce sera le plus gros chèque jamais versé à la justice allemande par un chef d'entreprise pour obtenir un non-lieu. Sauf que le gérant de Formula One Management (FOM), qui aura 84 ans en octobre, n'est pas un patron comme les autres: "Mr E" est à la fois un personnage de roman, de cinéma et de dessin animé, un milliardaire hors-normes qui s'est fait tout seul, à l'ancienne.

Sa fortune est impossible à estimer mais proche de quatre milliards de dollars, selon le magazine américain Forbes. Et cela malgré le divorce avec la grande Serbe Slavica, qui a partagé sa vie pendant 25 ans et récupéré un milliard, à l'amiable, avec en prime le circuit français Paul Ricard HTTT, dans le Var, quand ils se sont séparés en 2009.

Puis Bernie a séduit Fabiana Flosi, une Brésilienne qui pourrait être sa fille, et l'a épousée en 2012. Et il a continué à gérer la F1 en négociant des contrats mirifiques avec de nouveaux parraineurs de haut niveau (Emirates, Rolex, etc.), car il aime toujours autant discuter, et surtout signer. Comme quand il était un jeune mais obscur vendeur de voitures d'occasion dans les années 60.

Personne, à part la grande faucheuse, ne pourra empêcher "Bernie" de continuer à travailler, car c'est sa véritable drogue. Bien plus que l'argent qu'il gagne, en grande quantité, mais ne dépense pas de manière ostentatoire. Il en a fait profiter ses (trois) épouses, ses (trois) filles, surtout Tamara, la plus dépensière, mais il n'a jamais acheté de yacht ni de jet privé.

- Lauda: 'Il a construit la F1' -

Ecclestone arrive toujours dans le paddock de F1 à l'arrière d'une grosse berline allemande aux vitres fumées, puis il passe ses journées dans un mobil-home gris anthracite, avec hublots, et reçoit discrètement tout ce que la F1 compte de VIPs. Il en sort parfois pour aller lâcher quelques infos invérifiables et annonces fantaisistes aux journalistes pour noyer le poisson.

"Il a construit la Formule 1 pendant trois décennies. Il est le seul qui connaît tout, le business, les problèmes des équipes, il a tout en tête. Il fait le lien entre les équipes et les investisseurs", a réagi Niki Lauda, triple champion du monde de F1 et dirigeant de Mercedes-AMG, à l'annonce qu'un accord avec la justice allemande était imminent.

La légende de Bernie commence vraiment au début des années 70, quand il rachète l'écurie Brabham et commence à fédérer autour de lui les écuries de F1, pour négocier collectivement les droits de télévision. Un moment crucial est parfaitement raconté par Lord Hesketh dans l'excellent documentaire "1", sorti l'an dernier.

- Le contrat du siècle -

La scène se passe en 1976, Ecclestone a réuni les dix patrons d'écuries. Les droits commerciaux de la F1 sont à vendre, et même à saisir, pour un million de dollars: "Nous étions neuf idiots", raconte Lord Hesketh, "et nous pensions à toutes les séances d'essais que nous pourrions faire avec 100.000 dollars. Nous avons dit +non merci+ et c'est comme ça que Bernie a pris le contrôle".

L'autre moment crucial, c'est en l'an 2000, quand Ecclestone prolonge... de 100 ans le contrat de 15 ans qu'il avait négocié en 1995 avec son grand ami Max Mosley, alors président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA). En mettant 360 millions de dollars sur la table, il s'assure la gestion de la F1 jusqu'à la saison 2110. Le "deal" du siècle, sans équivalent dans le monde du sport.

"Comment ça se passe, le procès de Munich ?", avait demandé l'AFP à Ecclestone dans le paddock du Grand Prix de Hongrie, fin juillet. "Ca se passe bien, donc je préfère faire profil bas. Je ne veux faire aucun commentaire", avait répondu Bernie. Puis il avait ajouté: "Quand je serai en prison, tu auras le temps de venir faire une grande interview..." Et il avait éclaté de rire.

dlo/ig

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