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Est de l'Ukraine: Moscou demande en vain des mesures humanitaires d'urgence

05/08/2014 07:40 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

L'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine a appelé mardi le Conseil de sécurité à "prendre des mesures d'urgence" devant la détérioration de la situation humanitaire dans l'est de l'Ukraine, mais les Occidentaux ont rejeté sur Moscou la responsabilité de cette situation.

"La Russie peut mettre fin à tout ça" en arrêtant de soutenir les séparatistes et en les obligeant à "déposer les armes et à appliquer le plan de paix du président (ukrainien Petro) Porochenko", a répliqué la représentante adjointe américaine Rosemary DiCarlo.

Alors que M. Tchourkine avait rappelé la demande de Moscou d'envoyer une "mission humanitaire" à Donetsk et Lougansk (est de l'Ukraine), Mme DiCarlo a rappelé que les agences de l'ONU et les ONG "étaient déjà sur place et prêtes à accroitre leur aide si nécessaire".

Elle a aussi mis en doute l'opportunité de convoquer une réunion d'urgence du Conseil à ce sujet et a exigé que la Russie "s'abstienne de toute action déstabilisatrice".

La Russie, qui avait demandé cette réunion du Conseil, convoquée à la dernière minute, a qualifié de "désastreuse" la situation à Donetsk et Lougansk et a déploré que Kiev "continue d'intensifier ses opérations militaires".

La représentante française Béatrice Le Fraper du Hellen, première conseillère à la mission française, a elle aussi fait porter clairement la responsabilité de la situation aux séparatistes et à leurs soutiens au Kremlin.

Notant l'augmentation du nombre des déplacés dans l'est, elle a affirmé que "les populations fuient avant tout les combats provoqués par les séparatistes qui s'entêtent dans leur refus de saisir la main tendue par le président Porochenko". "Ceux qui arment les criminels qui terrorisent les populations de l'est portent la responsabilité de cet embrasement", a-t-elle ajouté.

"Soyons clairs: c'est la violence des séparatistes qui est responsable de l'aggravation de la situation humanitaire à Donetsk et Lougansk", a affirmé l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant. "Dans les villes libérées par les autorités ukrainiennes, la vie redevient normale et les personnes déplacées rentrent chez elles".

En réponse, M. Tchourkine a "rejeté cette politisation du débat", dénonçant une "propagande" en faveur de Kiev.

En prélude au débat, le directeur des opérations humanitaires de l'ONU John Ging avait souligné "l'aggravation continue de la situation humanitaire (dans l'est de l'Ukraine) qui continuera de se détériorer tant que la violence persistera".

Soulignant que les "couloirs humanitaires" instaurés par Kiev sont "souvent bloqués par des combattants", il a appelé "toutes les parties au conflit à laisser la population circuler librement et en sécurité tout en permettant aux humanitaires d'accéder librement aux civils qui sont restés sur place".

Au moins 285.000 personnes ont quitté leur foyer en raison du conflit dans l'est de l'Ukraine, a annoncé mardi à Genève un responsable de l'ONU, estimant qu'une intensification des combats pouvait déclencher un "exode massif".

avz/elm

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