NOUVELLES

Des résidants retrouvent la localité de Rafah en ruines

05/08/2014 05:06 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

RAFAH, Territoire palestinien - Asmahan Ismaël Abou al-Rous a commencé à s'interroger il y a un an sur les causes des fissures dans les murs de sa maison de Gaza. Des voisins mieux informés lui ont répondu que des militants creusaient un tunnel non loin de là en vue d'attaques contre Israël.

«Je ne m'en faisais pas trop à ce moment. J'estimais que cela concernait les résistants, et pas moi», a relaté mardi la veuve, mère de quatre enfants, se tenant parmi les ruines de sa maison à deux étages dans une section est de Rafah, près de la frontière de la bande de Gaza avec l'Égypte.

À environ 50 mètres de là, selon des villageois, se situe l'entrée du tunnel emprunté par des combattants du Hamas, vendredi dernier, pour attaquer des soldats israéliens. Deux Israéliens ont été tués et les autorités croyaient qu'un troisième avait été capturé par des militants.

L'attaque et l'enlèvement présumé a entraîné de loin les tirs les plus imposants d'Israël depuis le début du conflit dans la bande de Gaza, tuant près de 100 personnes en une seule journée et brisant un cessez-le-feu peu après son entrée en vigueur. Un jour plus tard, Israël a déterminé que le soldat manquant, un lieutenant d'infanterie de 23 ans, avait été tué dans l'attaque d'origine.

Mardi, alors que semblait tenir une nouvelle trêve de 72 heures, les résidants sont revenus pour une première fois pour constater l'ampleur de la destruction — la plus imposante dans un seul district dans la bande de Gaza en quatre semaines de combats entre Israël et le Hamas.

Les conséquences de vivre près d'un tunnel laissaient peu de doute. Tout dans un rayon d'un kilomètre de l'ouverture était complètement détruit ou sérieusement endommagé. Les édifices et maisons ont été éventrés ou réduits en poussières, avec des meubles éparpillés un peu partout.

À la place de l'entrée du tunnel, situé dans un champ autrefois rempli d'arbres fruitiers, se trouve désormais un trou de la grandeur d'un terrain de volleyball.

Asmahan Ismaël Abou al-Rous était assise à l'extérieur, avare de mots aux côtés de l'un de ses fils, Fady, lui aussi venu constater la perte de la maison, évaluée par sa propriétaire à une valeur de 200 000 $.

Mais sa colère et sa frustration couvaient. L'un des adolescents à proximité lui a demandé si elle savait où l'attaque avait été perpétrée.

«Je ne sais pas, a-t-elle laissé tomber. Ceux qui sont responsables devraient vous répondre.»

À travers Rafah, des milliers d'autres se tenaient parmi les ruines de leur maison, scrutant ce qu'il restait de leurs biens. Ceux ayant fui pour demeurer avec des proches dans des secteurs plus sécuritaires ou ayant trouvé refuge dans des écoles dirigées par les Nations unies revenaient pour récupérer ce qu'ils pouvaient.

Les bombardements semblaient avoir épargné peu de choses à Rafah. Mosquées, maisons, bureaux, magasins, écoles et au moins un hôpital étaient en ruines ou sérieusement endommagés.

L'armée israélienne a affirmé vendredi qu'il s'agissait d'une opération des autorités du renseignement et de la sécurité pour retrouver le soldat manquant. Les résidants de Rafah ont soutenu que les bombardements avaient pris tout le monde par surprise puisqu'une trêve devait être en cours, et que cela expliquait le lourd bilan des morts.

PLUS:pc