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Ukraine: l'armée resserre son étau sur Donetsk

04/08/2014 05:43 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Les forces ukrainiennes se montraient déterminées lundi à isoler les séparatistes dans leur fief de Donetsk malgré l'opposition farouche des insurgés qui a contraint plusieurs centaines de soldats ukrainiens à se replier en Russie.

Malgré les affrontements qui ont tué plus de dix civils pendant le week-end, une centaine d'experts néerlandais, australiens et pour la première fois lundi malaisiens s'activent sur le site du crash du vol MH17 à la recherche des restes des victimes et de leurs effets personnels.

Ce drame, qui a fait 298 morts dont 193 Néerlandais le 17 juillet, a entraîné une nouvelle flambée de tensions internationales et l'introduction de sanctions occidentales contre la Russie qui ont eu comme conséquence de clouer au sol lundi des Boeing flambant neufs d'une compagnie aérienne publique russe.

Les forces ukrainiennes se sont engagées à s'abstenir de tout combat dans la zone de plusieurs kilomètres carrés, sous contrôle rebelle, où sont tombés les débris de l'avion malaisien. Mais dans le reste du territoire séparatiste, l'offensive lancée il y a maintenant près de quatre mois se poursuit et se concentre sur les places fortes séparatistes.

Donetsk et Lougansk "sont les villes clés occupés par les terroristes aujourd'hui, celles où se trouvent la plupart de terroristes et des armes, et nous savons qu'il ne sera pas facile de les libérer", a déclaré le ministre ukrainien de la Défense, Valéri Gueleteï.

"Je suis sûr à 100% que la victoire est très proche", a-t-il dit dans un entretien dimanche soir à la BBC. "L'Ukraine est une maison en feu. L'armée rentre dans la maison en feu pour éteindre l'incendie et si on ne le fait pas, il gagnera Kiev, Kharkiv, tout le territoire".

A Kharkiv, ville contrôlée par Kiev proche de la frontière russe, un bureau de conscription militaire a été attaqué au lance-flammes pendant la nuit de dimanche à lundi, mais il n'y a pas eu de victimes.

- Les civils fuient -

Donetsk dont la population atteignait un million d'habitants avant les hostilités, se trouve en quasi-état de siège. Des tirs d'artillerie ont retenti dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué la mairie.

Nombreux sont ceux qui ont fui et l'exode se poursuit. L'état major a demandé aux séparatistes de respecter des cessez-le-feu entre 10H00 et 14H00 pour permettre le départ des civils.

"Nous partons parce que c'est la guerre", a expliqué à la gare de Donetsk Igor, accompagné de sa mère et chargé de plusieurs sacs, avant de rejoindre des amis dans l'Ouest. "C'est terrible ce qui se passe: ils (les troupes loyalistes) sont entrés dans Mariïnka (près de Donetsk) et on tiré sur tout le monde", déclare sa mère, Nelly.

Kiev a toujours affirmé que sa stratégie était d'isoler les insurgés à Donetsk et Lougansk ainsi que de les couper de la frontière russe et non d'attaquer la ville de front au risque de combats particulièrement meurtriers.

A Lougansk, la mairie, qui a mis en garde pendant le week-end contre une possible catastrophe humanitaire, s'est dite incapable de fournir un nouveau bilan car ni électricité ni communication téléphonique ne fonctionnent.

Depuis le lancement de l'offensive ukrainienne, plus de 1.100 personnes sont mortes selon l'ONU, sans compter les victimes du crash. Le ministre de la Défense a souligné que les forces ukrainiennes avaient repris au total 645 localités depuis le début de leur offensive. "Mais le monde doit savoir que la Russie use de représailles. Rien ne les arrête, nous sommes visés par des tirs huit fois par jour depuis le territoire de la Russie", a dénoncé M. Gueleteï.

- Des restes humains du crash rapatriés -

Moscou a affirmé lundi que plus de 400 soldats ukrainiens en opération dans l'Est s'étaient rendus et avaient été admis sur son territoire. Un porte-parole militaire ukrainien a assuré qu'ils avaient été contraints de se replier vers un poste-frontière russe à cause des combats.

Sur le site du crash, plus de cent experts internationaux sont arrivés pour examiner en nombre, pour le quatrième jour de suite, les débris du Boeing de la Malaysia Airlines. Ils ont récupéré des restes humains, qui doivent s'envoler lundi pour les Pays-Bas en vue d'être identifiés.

Le drame a poussé les Européens à appliquer des sanctions économiques sans précédent contre l'économie russe. Ils ont ciblé notamment Dobrolet, la filiale low cost d'Aeroflot et qui volait vers la Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars par la Russie. Elle a brusquement annoncé dimanche soir qu'elle clouait au sol ses deux Boeing 737 flambant neufs.

Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, l'Allemagne a en outre décidé de renoncer à un vaste projet d'équipements militaires conclu entre le groupe de défense Rheinmetall et la Russie.

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