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Ukraine: la ville assiégée Lougansk est à court de carburant et de médicaments

04/08/2014 04:33 EDT | Actualisé 03/10/2014 05:12 EDT

DONETSK, Ukraine - L'approvisionnement en électricité est complètement coupé et les ressources en carburant sont quasiment à sec dans la ville de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, ont indiqué lundi des résidants.

Les étalages des magasins se vident rapidement, et les gens n'ayant pas été en mesure de fuir les combats doivent boire de l'eau plate non traitée. En raison du peu de médicaments disponibles, les médecins envoient les patients à la maison.

Alors que les soldats du gouvernement ukrainien resserrent lentement leur étau sur la ville — l'un des deux bastions majeurs des rebelles prorusses —, les allers et retours sont devenus périlleux.

Dans une déclaration émotive en fin de semaine, le maire Sergeï Kravchenko a décrit une situation devenant davantage insoutenable chaque jour pour la ville, disant être à l'aube d'une «catastrophe humanitaire». Lougansk, une ville de plus de 400 000 habitants en temps de paix, à une heure de route de la Russie, a vu sa population décliner considérablement alors que les résidants fuient les violences et les conditions de vie de plus en plus difficiles.

Également lundi, plus de 400 soldats ukrainiens sont entrés en territoire russe, selon un responsable de la frontière russe cité par l'agence Interfax. On ne sait pas exactement pourquoi les soldats ont traversé la frontière, chaque camp y allant de versions contradictoires.

Le responsable russe affirme que les soldats ont fait défection au gouvernement de Kiev et que la Russie leur a ouvert un corridor sécuritaire. Un dirigeant militaire ukrainien affirme plutôt que les soldats se sont réfugiés en Russie après avoir manqué de munitions lors d'affrontements avec des insurgés.

Vasili Malaïev, le directeur du Service fédéral de sécurité pour la région de Rostov, a dit à Interfax que 438 soldats sont arrivés en Russie lundi, et que Moscou leur a permis d'entrer en toute sécurité. Il a ensuite indiqué que 180 d'entre eux étaient renvoyés chez eux à bord d'autocars, à leur demande.

Le ministère russe de la Défense n'était pas immédiatement en mesure de commenter.

L'armée ukrainienne a confirmé qu'une brigade avait traversé la frontière avec la Russie. Elle conteste toutefois la version russe et a refusé de dire combien de soldats sont impliqués.

Un porte-parole de l'armée ukrainienne a expliqué que la 72e brigade s'est retrouvée coincée sous les tirs nourris des séparatistes. Les rebelles auraient utilisé des chars, des mortiers, des pièces d'artillerie et des lance-missiles Grad lors d'un assaut qui a duré quatre heures. La brigade a éventuellement dû se scinder en deux sections.

La seconde aurait manqué de munitions pendant qu'elle couvrait la fuite de la première, et serait alors entrée en territoire russe.

Le gouvernement ukrainien a accusé les séparatistes prorusses de piéger les populations civiles dans les villes assiégées comme celle de Lougansk, et a appelé à la constitution de corridors humanitaires.

«Nous pressons la population pacifique d'abandonner le territoire investi par les terroristes», a dit lundi un porte-parole des opérations militaires du gouvernement dans l'est du pays.

Plus tôt pendant la journée, Interfax rapportait que l'armée de l'air de la Russie a entrepris des manoeuvres d'entraînement dans le centre et l'ouest du pays, ce qui laisse entendre qu'elle pourrait se préparer à intervenir en Ukraine.

Interfax cite un responsable militaire russe, Igor Klimov, qui a précisé que les manoeuvres auraient lieu toute la semaine et qu'une centaine d'avions de chasse et d'hélicoptères y participeraient.

Depuis le mois d'avril, des séparatistes prorusses affrontent les forces armées gouvernementales dans l'est de l'Ukraine. Jusqu'ici, les combats ont entraîné la mort de 1129 civils, selon le dernier estimé des Nations unies.

L'Ukraine et plusieurs pays de l'Occident ont fréquemment reproché à la Russie de fournir de l'expertise militaire et de l'équipement aux rebelles de l'est de l'Ukraine, ce que Moscou a toujours nié.

Le ministère russe de la Défense n'a pas encore commenté les intentions justifiant les nouvelles manoeuvres militaires en cours.

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