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Ukraine : l'armée resserre son étau sur Donetsk

04/08/2014 09:12 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Les forces ukrainiennes se montraient déterminées lundi à isoler les séparatistes dans leur fief de Donetsk, malgré l'opposition farouche des insurgés qui ont contraint plusieurs centaines de soldats ukrainiens, selon Moscou, à se replier en Russie.

Les affrontements, qui ont causé la mort de cinq soldats en 24 heures, compliquent la recherche des restes des victimes du crash de l'avion malaisien, dans la zone rebelle, par une centaine d'experts néerlandais, australiens et malaisiens pour la première fois lundi. Leurs travaux ont commencé en retard, selon Kiev, en raison de mouvements de troupes séparatistes.

Cette catastrophe, qui a fait 298 morts dont 193 Néerlandais le 17 juillet, s'est traduite par l'adoption par les Occidentaux de sanctions supplémentaires contre la Russie, accusée d'armer les insurgés, qui ont eu pour conséquence de clouer au sol lundi des Boeing flambant neufs de Dobrolet, filiale low-cost de la compagnie aérienne nationale Aeroflot.

Si les forces ukrainiennes se sont engagées à s'abstenir de tout combat dans la zone de la chute de l'appareil de Malaysia Airlines, l'offensive lancée il y a maintenant près de quatre mois se poursuit dans le reste de la zone rebelle et se concentre sur les places fortes séparatistes.

Donetsk et Lougansk "sont les villes clés occupés par les terroristes aujourd'hui, celles où se trouvent la plupart de terroristes et des armes, et nous savons qu'il ne sera pas facile de les libérer", a déclaré le ministre ukrainien de la Défense, Valéri Gueleteï.

"Je suis sûr à 100% que la victoire est très proche", a-t-il dit dans un entretien dimanche soir à la BBC. "L'Ukraine est une maison en feu. L'armée rentre pour éteindre l'incendie et si on ne le fait pas, il va se propager à Kiev, Kharkiv, à tout le territoire".

Un porte-parole militaire ukrainien a appelé les civils présents dans la zone à partir. Les insurgés "pillent la population locale, procèdent à des enlèvements, s'emparent de bâtiments et de véhicules privés", a expliqué Andriï Lyssenko devant la presse.

- Les civils fuient -

Donetsk, dont la population atteignait un million d'habitants avant les hostilités, se trouve en quasi-état de siège et les civils continuent de fuir. L'état-major a demandé aux séparatistes de respecter des cessez-le-feu entre 10H00 et 14H00 autour de certaines artères pour permettre le départ des civils.

"Nous partons parce que c'est la guerre", a expliqué à la gare de Donetsk Igor, accompagné de sa mère et chargé de plusieurs sacs, avant de rejoindre des amis dans l'Ouest. "C'est terrible ce qui se passe : ils (les troupes loyalistes, ndlr) sont entrés dans Mariïnka (près de Donetsk) et ont tiré sur tout le monde", déclare sa mère, Nelly.

Kiev a toujours affirmé que sa stratégie était d'isoler les insurgés à Donetsk et Lougansk afin de les couper de la frontière russe et non d'attaquer la ville de front au risque de combats particulièrement meurtriers.

A Lougansk, la mairie, qui a mis en garde pendant le week-end contre une possible catastrophe humanitaire, s'est dite incapable de fournir un nouveau bilan car l'électricité est coupée et les communications téléphoniques ne fonctionnent plus.

Depuis le lancement de l'offensive ukrainienne, plus de 1.100 personnes sont mortes selon l'ONU, sans compter les victimes du crash.

L'armée ukrainienne a revendiqué une nouvelle avancée aux portes de Donetsk avec la prise de Iassynouvata, à une vingtaine de kilomètres au nord. Au total, plus de 600 localités ont été reprises, selon le ministre de la Défense. "Mais le monde doit savoir que la Russie se livre à des représailles. Rien ne les arrête, nous sommes visés par des tirs huit fois par jour depuis le territoire de la Russie", a dénoncé M. Gueleteï.

- Des restes humains du crash rapatriés -

Moscou a affirmé lundi que 438 soldats ukrainiens en opération dans l'Est s'étaient rendus et avaient été admis sur son territoire, information que Kiev n'a confirmé que partiellement et sans fournir de chiffre. Un porte-parole militaire ukrainien a assuré qu'un nombre non précisé de soldats ukrainiens avaient été contraints de se replier vers un poste-frontière russe à cause des combats.

Ajoutant à la pression, la Russie a lancé de nouvelles manoeuvres militaires impliquant plus de 100 avions de combat près de la frontière ukrainienne.

L'Otan, qui a procédé à des manoeuvres dans les pays voisins de la Russie ces derniers mois, a haussé le ton pendant le week-end contre l'"agression russe" en Ukraine, annonçant la préparation de "nouveaux plans de défense".

Sur le site de la chute de l'avion, avec plusieurs heures de retard en raison de la situation sécuritaire, selon l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), qui encadre la mission, plus de cent experts internationaux examinent pour la quatrième journée consécutive les débris du Boeing de Malaysia Airlines. Des restes humains récupérés ces derniers jours ont été acheminés lundi vers les Pays-Bas pour y être identifiés.

Conséquence du drame, le gouvernement allemand a bloqué un gros projet d'équipement militaire du groupe de défense Rheinmetall en Russie.

bur-gmo/sym

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