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Sénégal: reprise du procès de Karim Wade, la défense conteste la compétence de la cour

04/08/2014 04:33 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Le procès de Karim Wade, fils de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade accusé d'enrichissement illicite, a repris lundi à Dakar, la défense contestant la compétence de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI), une juridiction spéciale.

Comme au premier jour du procès, ouvert le 31 juillet, Karim Wade, 45 ans, a été acclamé par ses partisans à son arrivée dans la salle d'audience, comble, du Palais de justice de Dakar, mais quelques huées ont aussi été entendues, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans l'assistance se trouvaient sa mère, Viviane Wade, et de nombreux responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS), sa formation et celle de son père qui a dirigé le Sénégal de 2000 à 2012. Abdoulaye Wade, lui, était absent.

La défense a contesté la compétence de la CREI à juger Karim Wade.

Selon l'un de ses avocats, Me Ciré Clédor Ly, il doit être "jugé par la Haute cour de Justice" puisqu'il a été membre du gouvernement et que les faits qui lui sont reprochés auraient été commis durant ses fonctions officielles.

"Vous ne pouvez pas juger Karim Wade. Vous êtes radicalement incompétents", a lancé un autre de ses conseils, Me El Hadji Amadou Sall.

"Les arguments pour nous attirer vers la Haute cour de justice ne peuvent pas prospérer", a répondu le procureur spécial de la CREI, Alioune Ndao. Il a estimé que la CREI est compétente pour juger Karim Wade.

La cour avait commencé par examiner le cas d'un partisan de Karim Wade, Moïse Rampino, 26 ans, accusé de "trouble à l'audience" pour avoir bruyamment protesté et traité les magistrats de "corrompus" à l'ouverture du procès.

M. Rampino a répété lundi à la barre que les magistrats étaient "corrompus" et a qualifié le président Macky Sall de "voleur".

Il a été condamné à deux ans de prison ferme, suivant les réquisitions du parquet, malgré la demande par la défense d'une expertise médicale pour voir" s'il était "sain d'esprit". Il sera prochainement jugé pour outrage à magistrat.

Auparavant, à l'extérieur du Palais de justice sous forte surveillance de policiers et gendarmes, une cinquantaine de personnes qui tentaient d'accéder aux lieux avaient commencé à s'échauffer, scandant: "Libérez Karim, libérez Karim!". Les forces de l'ordre les ont rapidement dispersées au moyen de gaz lacrymogènes.

Au premier jour du procès, Karim Wade s'était présenté comme "prisonnier politique", ce qu'ont réfuté les avocats de l'Etat.

Le fils de l'ex-président est en détention préventive depuis avril 2013. Il est accusé d'avoir illégalement acquis 178 millions d'euros par le biais de montages financiers complexes du temps où il était conseiller puis ministre de son père.

Selon l'accusation, cette somme se trouverait aujourd'hui dans des paradis fiscaux, dont Monaco et Singapour. Mais d'après les avocats de Karim Wade, près de la moitié de cet argent correspond à un compte à Singapour dont il est d'ores et déjà prouvé qu'il ne lui appartient pas.

D'après la défense, son patrimoine est d'environ deux millions d'euros, gagnés pour l'essentiel quand il était trader en Europe avant de travailler auprès de son père.

Les avocats et partisans de Karim Wade soutiennent qu'il a été traduit en justice pour l'empêcher de se présenter en 2017 à l'élection présidentielle face à Macky Sall, qui a succédé en mars 2012 à Abdoulaye Wade.

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