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Sénégal: reprise du procès de Karim Wade, un de ses partisans condamné

04/08/2014 08:11 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Le procès de Karim Wade, fils de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade accusé d'enrichissement illicite, a repris lundi à Dakar, la défense contestant la compétence de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI), une juridiction spéciale.

La cour a commencé par examiner le cas d'un partisan de Karim Wade, Moïse Rampino, 26 ans, accusé de "trouble à l'audience" pour avoir bruyamment protesté et traité les magistrats de "corrompus" à l'ouverture du procès le 31 juillet, le condamnant à deux ans de prison ferme.

Comme au premier jour du procès, Karim Wade, 45 ans, a été acclamé par ses partisans à son arrivée dans la salle d'audience, comble, du Palais de justice de Dakar, mais quelques huées ont aussi été entendues, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans l'assistance se trouvaient sa mère, Viviane Wade, et de nombreux responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS), sa formation et celle de son père qui a dirigé le Sénégal de 2000 à 2012, mais en l'absence d'Abdoulaye Wade.

La défense a remis en cause la compétence de la CREI à juger Karim Wade.

Selon un de ses avocats, Me Ciré Clédor Ly, il doit être "jugé par la Haute cour de Justice" puisqu'il a été membre du gouvernement et que les faits qui lui sont reprochés auraient été commis durant ses fonctions officielles.

"Vous ne pouvez pas juger Karim Wade. Vous êtes radicalement incompétents", a lancé un autre de ses conseils, Me El Hadji Amadou Sall.

Dans la matinée, la cour avait condamné Moïse Rampino à deux ans de prison ferme, suivant les réquisitions du parquet, malgré la demande par la défense d'une expertise médicale pour voir" s'il était "sain d'esprit".

M. Rampino, qui a répété lundi à la barre que les magistrats étaient "corrompus" et a qualifié le président Macky Sall de "voleur", sera prochainement jugé pour outrage à magistrat.

Auparavant, à l'extérieur du Palais de justice sous forte surveillance de policiers et gendarmes, une cinquantaine de personnes qui tentaient d'accéder aux lieux avaient commencé à s'énerver et à scander: "Libérez Karim!", "Libérez Karim!". Les forces de l'ordre les ont rapidement dispersées au moyen de gaz lacrymogènes.

Au premier jour du procès, Karim Wade s'était présenté comme "prisonnier politique", ce qu'ont réfuté le lendemain les avocats de l'Etat.

Le fils de l'ex-président est en détention préventive depuis avril 2013. Il est accusé d'avoir illégalement acquis 178 millions d'euros par le biais de montages financiers complexes du temps où il était conseiller puis ministre de son père.

Selon l'accusation, cette somme se trouverait aujourd'hui dans des paradis fiscaux, dont Monaco et Singapour. Mais d'après les avocats de Karim Wade, près de la moitié de cet argent correspond à un compte à Singapour dont il est d'ores et déjà prouvé qu'il ne lui appartient pas.

D'après la défense, son patrimoine est d'environ deux millions d'euros, gagnés pour l'essentiel quand il était trader en Europe avant de travailler auprès de son père.

Les avocats et partisans de Karim Wade soutiennent qu'il a été traduit en justice pour l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle prévue en 2017 face à Macky Sall, qui a succédé en mars 2012 à Abdoulaye Wade.

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