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RDC: des milliers de personnes réunies contre une révision de la Constitution

04/08/2014 12:55 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Des milliers de personnes ont manifesté lundi à Kinshasa, à l'appel de l'opposition congolaise, contre une modification de la Constitution qui permettrait au président Joseph Kabila de rester au pouvoir au-delà de 2016, a constaté l'AFP.

"Pour nous, il doit partir" en 2016 et "nous disons +non+ à la modification de la Constitution", a déclaré le député Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l'Union pour la nation congolaise (UNC), le troisième parti d'opposition, dirigé par Vital Kamerhe, ancien proche collaborateur de M. Kabila.

Bruno Mavungu, secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d'opposition, a pour sa part appelé à un "dialogue national" afin d'organiser le "départ" du chef de l'Etat. "Pas question d'attendre 2016, son départ, c'est maintenant", a-t-il lancé.

Des opposants ont exhumé une ancienne revendication: que Joseph Kabila soit remplacé par Etienne Tshisekedi, le chef de l'UDPS qui avait rejeté le résultat des élections de 2011 et s'était proclamé "président élu".

Les responsables politiques s'exprimaient sur la place Sainte-Thérèse, dans l'est de la capitale congolaise, devant des milliers de personnes venues à l'appel d'une dizaine de partis de l'opposition ainsi que d'organisations de la société civile.

La présence policière est restée discrète, tranchant avec l'important dispositif déployé pour de précédentes manifestations de l'opposition, souvent interdites ou empêchées.

M. Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, a été élu en 2006 au terme des premières élections libres du pays et a été réélu en 2011 après un scrutin contesté. Selon la Constitution, il ne peut pas se représenter en 2016 mais l'opposition soupçonne son camp de manoeuvrer pour changer la donne.

L'initiative de toucher à la Constitution revient en premier lieu au président, mais elle peut aussi venir du gouvernement, du Parlement ou d'une pétition ayant réuni 100.000 signatures.

"Pour 2016, on jette les bases de sa révision (...) Nous ne pouvons pas accepter que la Loi fondamentale soit au service d'un individu", a dit à l'AFP Christopher Ngoyi Mutamba, l'une des personnalités de la société civile présentes au rassemblement.

Le président Kabila se trouve actuellement à Washington pour le sommet Etats-Unis/Afrique. Les Etats-Unis ont plusieurs fois insisté pour qu'il respecte la Constitution actuelle.

mbb-hab/tmo

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