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Les prisons pour jeunes à New York sont gangrenés par la violence et les abus

04/08/2014 06:50 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - Les prisons pour jeunes délinquants à New York sont gangrenées par de la violence extrême et une sécurité défaillante, des gardiens violant fréquemment les droits des détenus adolescents et les soumettant à un «usage croissant de force excessive et inutile», a affirmé lundi le gouvernement fédéral dans un rapport accablant.

Le rapport, résultat d'une enquête de deux années et demie du département de la Justice sur la violence dans trois établissements pour adolescents de Rikers Island, recommande des réformes majeures dans pratiquement tous les aspects du traitement réservé à ces jeunes.

Il identifie des problèmes survenus entre 2011 et 2013 à Rikers, qui se traduisent probablement aussi chez les détenus d'âge adulte, incluant une piètre formation, des enquêtes inadéquates, une structure de gestion inefficace et l'usage abusif de l'isolement cellulaire, particulièrement pour les détenus atteints de troubles mentaux.

«La conclusion en bout de ligne est celle-ci: selon notre enquête, pour les détenus adolescents, Rikers Island n'a plus sa raison d'être», a dit le procureur de Manhattan Preet Bharara en conférence de presse.

Le maire Bill de Blasio a déjà promis de réformer le deuxième système carcéral en importance aux États-Unis, comptant une moyenne de 11 500 détenus. En mars, il a désigné comme commissaire Joseph Ponte, un responsable de longue date des services correctionnels au Maine comptant une réputation de réformateur.

Les procureurs ont reconnu que MM. de Blasio et Ponte avaient hérité de la plupart des problèmes, qui ont été répandus depuis des années malgré quelques faibles efforts durant les dernières années au pouvoir du maire Michael Bloomberg.

Dans un communiqué, M. Pone a dit s'engager à améliorer «radicalement» la sécurité pour les détenus adolescents, disant avoir déjà commencé à réinventer les politiques pour les «amener au 21e siècle», ayant ordonné l'installation rapide de caméras et le recrutement et la formation de plus de gardiens expérimentés.

Dans un établissement pour adolescents, un consultant mis à profit par les procureurs fédéraux a dit n'avoir jamais vu auparavant un taux si élevé de coups à la tête, un niveau si grand d'usage de la force par les gardiens et une violence si répandue entre détenus.

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