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Le bilan de l'épidémie d'Ebola passe à 887 morts, dit l'OMS

04/08/2014 08:25 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

DAKAR, Sénégal - L'Organisation mondiale de la Santé a indiqué lundi que le bilan de la pire épidémie de virus d'Ebola jamais rencontrée s'établit maintenant à 887 morts, soit une hausse de 158 morts par rapport aux données publiées le 31 juillet.

L'OMS a ajouté que plus de 1600 cas ont été confirmés depuis que la maladie a fait surface en Guinée, plus tôt cette année.

L'agence onusienne recense 358 morts en Guinée, 255 au Libéria, 273 en Sierra Leone et un au Nigeria.

Le Nigeria a par contre annoncé lundi la découverte d'une deuxième victime sur son territoire. Il s'agit d'un médecin qui avait traité le premier patient, Patrick Sawyer.

Cette annonce suscite des inquiétudes graves quant aux mesures qui ont été adoptées par le Nigeria pour empêcher la propagation du virus.

Les autorités nigérianes attendent les résultats de tests menés sur trois autres personnes qui ont aussi traité M. Sawyer et qui présentent maintenant des signes d'infection.

«Nous espérons avoir reçu les résultats de ces tests d'ici la journée (de lundi)», a dit le ministre nigérian de la Santé, Onyebuchi Chukwu.

«Ça correspond exactement à ce que nous avons vu dans le passé, a dit le porte-parole de l'OMS à Genève, Gregory Hartl. Ou bien quelqu'un est malade et infecte ses proches, ou bien il va à l'hôpital et ce sont les travailleurs de la santé qui sont infectés. C'est très dommage mais ce n'est pas inattendu. On parle d'un homme malade (Sawyer) qui est descendu d'un avion et malheureusement, personne ne savait qu'il avait l'Ebola.»

Le gouvernement du Libéria a quant à lui annoncé lundi la crémation de toutes les victimes du virus d'Ebola, pour empêcher que la maladie ne se propage si des corps devaient être enterrés dans des secteurs résidentiels.

Le ministre libérien de l'Information, Lewis Brown, a fait cette annonce lundi, sur les ondes de la radio publique.

Une échauffourée a éclaté la fin de semaine dernière quand des travailleurs sanitaires ont tenté d'enterrer les corps de plus d'une vingtaine de victimes, près de la capitale, Monrovia. La police militaire a dû être appelée sur place pour rétablir l'ordre et permettre aux inhumations de prendre place.

L'Afrique de l'Ouest est aux prises avec la pire épidémie d'Ebola jamais enregistrée. Le bilan s'établit actuellement à au moins 729 morts et plusieurs victimes se sont infectées en manipulant des corps, dans le cadre de funérailles traditionnelles.

Par ailleurs, une deuxième missionnaire américaine infectée par le virus est attendue mardi aux États-Unis pour y être soignée. Un collègue a été hospitalisé pendant la fin de semaine au département des maladies infectieuses de l'hôpital universitaire Emory.

Nancy Writebol doit quitter le Libéria vers 1 h, mardi matin, a indiqué le ministre Brown. Sa famille a révélé qu'elle semble prendre du mieux, même si elle est toujours gravement malade.

L'état de santé de son partenaire pour cette mission humanitaire, le docteur Kent Brantly, semble lui aussi s'améliorer. Les deux Américains ont reçu un traitement expérimental dont l'effet a été qualifié de «miraculeux» par certains. Le docteur Brantly a aussi reçu une transfusion sanguine d'un adolescent de 14 ans qu'il avait soigné et qui avait survécu à l'Ebola.

Des images diffusées par la chaîne CNN lundi le montraient descendant par ses propres moyens de l'ambulance lors de son arrivée à l'hôpital Emory, qui dispose d'un des départements des maladies infectieuses les plus sophistiqués et les plus sécuritaires des États-Unis.

Enfin, une société canadienne qui développe un remède expérimental contre l'Ebola a fait savoir que son produit n'a pas été offert aux deux professionnels de la santé américains qui ont été infectés par le virus.

S'exprimant par courriel, Tekmira Pharmaceuticals a indiqué qu'aucune personne infectée lors de l'éclosion en Afrique de l'Ouest n'a été traitée avec son médicament, appelé TKM-Ebola.

Établie en Colombie-Britannique, Tekmira mène la première phase d'essais cliniques chez l'humain. Toutefois, ces tests concernent un nombre trop restreint de sujets pour déterminer si le médicament est efficace. Le TKM-Ebola est en fait un composé d'ARN. Selon le site web de l'entreprise, ces molécules d'ARN synthétiques fonctionnent en s'accrochant à l'ARN produit par le virus, bloquant la capacité de celui-ci de fabriquer les protéines qui déclenchent la maladie.

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